‹ Lettres; traduction augmentée de plus de 70 lettres et 400 fragments, d'après les autographes de la Sainte et les copies authentiques des Pères Carmes déchaussée qui se trouvent à la Bibliothèque Nationale de MadridChapitre 198 sur 255 · LETTRE CCLXXXIII. 1579. 19 DÉCEMBRE · texte numérisé non relu

LETTRE CCLXXXIII. 1579. 19 DÉCEMBRE

accorde une grande grâce à celui qu'il destine à sanctifier les âmes.

J'avais oublié de vous dire que la sœur Anne de Jésus se porte bien, et que les autres sœurs, d'après toutes les apparences, jouissent d'une paix et d'une joie très grandes. Je ne permets à celui que vous savez de parler à aucune religieuse, ni de confesser. Du reste, je me montre pleine d'affabilité à son égard, comme il convient; j'ai même souvent l'occasion de m'entretenir avec lui. Il nous a prêché aujourd'hui; assurément, il a de la valeur, et il ne porterait volontairement préjudice à personne. Mais il sera toujours mieux pour nos monastères, j'en suis persuadée, de n'avoir que peu de relations avec personne, quelque soit sa vertu ; et Dieu lui-même aura soin d'instruire les sœurs; à part les instructions données du haut de la chaire, les fréquents entretiens, je l'ai constaté souvent, seraient-ils donnés par Paul lui-même, ne font pas de bien: au contraire, ils sont nuisibles, si parfaits qu'ils soient, et diminuent en partie le crédit dont doivent jouir, et avec raison, de telles personnes. O mon Père, que de peines j'ai éprouvées parfois sur ce point !

Oh ! comme je me rappelle les souffrances que j'ai endurées il y a un an, dans les jours d'avant Noël, à la lecture d'une lettre de Votre Paternité I Dieu soit béni de nous avoir donné des temps meilleurs ! Mais l'angoisse avait été cruelle ; et aurais-je encore de longues années à vivre, je ne l'oublierais pas.

Je ne suis pas plus mal que de coutume. Ces jours-ci, je me sens même mieux. Nous nous trouvons très bien dans le nouveau monastère; si l'on vient à l'achever, il sera parfait ; même dès maintenant, on peut y vivre très commodément.

La prieure et toutes les sœurs se recommandent ins-

tamment aux prières de Votre Paternité, et moi à celles du Père recteur1. La nuit est déjà venue; je termine en vous disant que je passerais une heureuse fête de Noël si je pouvais entendre les sermons que vous aller donner ce jour-là. Je demande à Dieu que ces fêtes soient heureuses pour vous et qu'il vous en donne beaucoup d'autres.

C'est aujourd'hui la fête de Notre-Dame de la O8.

Je suis de Votre Paternité la fille et la sujette,

Thérèse de Jésus.

LETTRE GGLXXXIV3.

1579. En Décembre. Malagon.

a une personne inconnue, probablement le père gratien.

Bonheur d'être à Malagon.

Je trouve, je vous l'assure, de sérieux avantages

à être ici. Depuis de longues années, je soupirais après ce calme; sans doute, je me sens bien isolée, car je suis privée de celui qui a coutume de me soutenir; mais mon âme est dans le repos. En outre, on ne parle pas plus de Thérèse de Jésus que si elle n'était pas de ce monde. C'est là un motif pour lequel je ne chercherai pas à quitter ce monastère, à moins d'un ordre de mes supérieurs.

1. Père Élie de S'-Martin, recteur du collège des Carmes déchaussés, à Alcalá.

2. Fête de l'Expectation de la Sainte Vierge, ainsi nommée parce que ce jour-là, on récite une mémoire de la férié commençant par O.

3. Ce fragment, qui a été publié par Ribera et par Yépés dans la vie de la Sainte, est restitué à 13 Collection des Lettres,

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