A MARIE-BAPTISTE, PRIEURE A VALLADOLID
Prix des souffrances. Une malade.
Je suis vraiment affligée et profondément peinée de voir que le démon ne néglige rien pour vous porter tort. Plaise à Notre-Seigneur d'y remédier et de vous accorder la santé dont vous avez tant besoin!
Les souffrances de la sœur Marie de la Croix me chagrinent2. Notre-Seigneur, évidemment, veut faire de vous une vraie sainte, puisqu'il vous donne tant de croix. Sachez-le, les personnes affligées du mal dont cette sœur croit souffrir n'ont jamais de fièvre, ni de dégoût pour la nourriture, mais, au contraire, beaucoup de force et de santé. C'a été un grand dommage pour elle que le confesseur ne l'ait pas comprise : je m'en étais déjà aperçue, Prévenez donc le chapelain de ma part, et présentez-lui tous mes respects.
Veuillez empêcher la sœur Stéphanie de garder autant la solitude, et commandez-lui de manger davantage, si elle ne veut tomber comme la sœur Marie de la Croix.
Je viens de recevoir une lettre de doña Anne Enriquez; ses épreuves me touchent. Après tout, quand une âme désire jouir de Celui qui a voulu la souffrance pour par-
t. Ce fragment est restitué à la collection des Lettres.
2. Une des quatre premières religieuses de Saint-Joseph d' Avila.
tage, elle doit suivre le chemin de l'épreuve. Que Sa Majesté soit avec Votre Révérence et vous garde à mon affection ! Amen.
LETTRE GLXXXII.
1577. Août. Avila1.