Saint Jean de la Croix
LETTRE CCIV. 1578. 11 MARS t93
l'y décider. Elle semble convenir pour l'une ou l'autre de ces deux maisons.
Il y a encore deux postulantes de Burgos, très vertueuses personnes, dit-on, qui parlent d'entrer à Avila. Elles apporteraient quinze cents ducats; ce qui serait bien nécessaire pour continuer le monastère et bâtir le mur de clôture; avec la dot d'une autre postulante, on pourrait
terminer tous ces travaux1 Je prie Votre Paternité de
donner la permission.
Je commence à souffrir de rester si longtemps sans me confesser à Votre Paternité. Je n'ai pas à Avila ce que j'avais à Tolède pour cela, et c'est une grande épreuve pour moi.
J'ai écrit cette lettre hier, et on m'annonce que ces Pères agissent avec tant d'injustice à l'égard des religieuses de l'Incarnation, que c'est vraiment une pitié. Je m'imagine que quelques-unes de ce monastère de Saint- Joseph ont peur de tomber entre leurs mains; je ne m'étonne pas qu'elles aient cette crainte : il y a de quoi! Plaise à Dieu de veiller sur elles et de garder Votre Paternité! Il est déjà tard, et le messager va partir demain.
C'est aujourd'hui le 11 mars.
L'indigne servante de Votre Paternité,
1. Nous omettons ici la traduction du fragment suivant, dont l'obscurité doit venir d'une erreur de copiste : mire la baraúnda del do la Compañía por la hermana de la priora de Veas. Envié à la priora de Medina se informase. Aqui verá lo que dicen, y deben saber mucho mas : por eso mire Vuestra Paternidad lo que hace, que yo le digo que este natural no se pierde. Enfin, anque Ana de Jesús dos o tres ratos la ha visto, debenselo haber dicho. Yo la rcspjondi corno si supiera lo que ahora; ¡morque en la priesa, y en ver yo no la habían tratado hermano ni hermana, que el hermano es de la Compañía, y parece bien lo que se ayudan unos a otros.