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XXVIII NOTICES

il y a des siècles que c'en serait fait du bon sens; mais une main fins forte qu'elle sait bien lui faire reprendre son niveau et rendre leur domination aux bons principes. Quand une troupe d'enfants s'arrête aux bords d'une fontaine, dans leurs jeux, ils troublent les eaux et chassent les oiseaux qui chantaient dans les arbres de ses bords. Le lendemain, la source a ^^epris son limpide éclat. Elle réfléchit le soleil, et les oiseaux ont recommencé leur chants. «

Ces simples extraits peuvent donner, en passant, une idée juste du style de Doudan. Il y mettait beaucoup d'imagination ; il aimait les rapprochements tirés des phénomènes naturels ; le pittoresque l'attirait. C'était sa manière de rendre hommage à la nature, avec laquelle (nous le verrons plus tard) il s'était un peu brouillé. Mais que ditesvous de cette main, armée d'une férule divine, contre le mauvais goût?... Voilà une réflexion que Sainte-Beuve n'eût peut-être pas pardonnée à Doudan, si juste qu'elle fût. Cependant Sainte-Beuve l'aimait. Il l'a nommé, dans un de ses derniers écrits, celui où il médit de tout le monde et notamment de ses confrères de l'Académie française, il l'a nommé « l'aimable Doudan )). Ailleurs, dans une de ses Causeries sur Chapelle, il reproche à Hippolyte Rigault d'avoir parlé de ce fainéant spirituel, <( comme il ferait, disait-il, d'un M. de Tréville, d'un M. Joubert ou d'un Doudan, d'un de ces esprits délicats, nés sublimes, nés du moins pour tout concevoir, et à qui la force seule et la patience d'exécution ont manqué, tandis que Chapelle n'est qu'un paresseux... sans élévation et sans idéal ; et c'est précisément cet idéal trop haut placé qui décourage les autres, les suprêmes délicats... »

11 était, je crois, difficile de mieux caractériser Doudan, et, en lui, ce mélange de finesse et d'élévation qui était sa vraie marque dans l'ordre des esprits. Ce que Sainte-Beuve a écrit, je le pense. Doudan, pourquoi ne le dirais-je pas ? le pensait aussi. Il aimait à rappeler ce passage du maître. Il n'avait aucune vanité, mais seulement une aimable confiance en lui-même qui rayonnait sur sa gracieuse figure

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