NOTRE DAVID
Monsieur Goliath s'avance, le Philistin français, et nous crie : « Viens, preux David, viens ! Approche-toi donc un peu !
« Je suis bardé de fer des pieds à la tête. Viens essayer ta fronde contre moi. Il t'en cuira, cette fois-ci ! »
Et le jeune David ne fait pas la sourde oreille; il vient au pas accéléré, avec sa fronde et avec une bonne épée.
« Vantard, toi qui as six coudées de haut, je vais
te montrer ce que je sais faire. » Et, brusquement, il grandit et devient un géant formidable.
Et il frappa la terre de son pied, et de cette terre surgit toute une armée de Davids, tous géants comme le premier.
L'épée frappe les Philistins comme la faux qui couche la moisson sur le sol. On voit enfin la force de ce David allemand, notre bon Michel, si longtemps raillé.
Ainsi la paille est dispersée, ainsi le grain est jeté à terre, ainsi les rouges fleurs des blés fauchés jonchent le sol de leurs pétales sanglants.
Monsieur Goliath voit ces choses et voudrait bien s'en aller. Mais David ne lui en laisse pas le temps.
Il va à lui, le saisit par la ceinture, le soulève, le balance et le jette au loin à travers champs.
« Tu as ton compte, braillard ! Vous avez le vôtre, Philistins ! Si vous bougez seulement, si vous faites un pas vers nous, gare !
« Nous vous attraperons encore une fois, et d'une façon définitive, eff'rontés maraudeurs que vous êtes ! Nous renverserons les murailles insolentes de votre Ascalon.
« Nous raserons vos cités, et personne ne saura plus^ ne pourra reconnaître où Ascalon — Paris — a existé et où les Français ont vécu ! »