SCENE III
LA MÊME, un serviteur, puis le comte de Maurepas ct son petit-fils, serviteur présentant une carte.
DAME DE POMPADOUR
Quoi! ton père et ton fils, comte de Maurepas! Sans doute ils pleureront: Je ne les verrai pas.
(Au valet) Qu'ils entrent.
Vous venez?...
COMTE DE MAUREPAS
Que notre voix vous touche.
C’est l’aïeul et l'enfant: voyez, je suis la souche;
Lui, la fleur. Je vais à la tombe: l’abandon! Et lui sort du berceau: l'espoir! eh bien, pardon! Oh! pardon pour mon fils! oh! pardon pour son père!
\ DAME DE POMPADOUR Q Mais vous êtes naïfs: votre famille espère Que demain je rappelle un pareil ennemi, Alors que mon pouvoir est à peine affermi. M Tu le sais comme moi, sa langue venimeuse C Ma chansonnée et sur tous les tons: qu’il se creuse S L'esprit pour se tirer de là.
COMTE DE MAUREPAS Je l’ai blâmé A Comme vous; il ent tort, mais il est animé Ï D'un autre esprit envers votre aimable personne: Ah! comme le malheur à la vertu façonne!
Là-bas, il meurt d’ennui.
DAME DE POMPADOUR L Qu'il fasse donc des vers: S Il a, cet homme, avec bien d’autres, ce travers. D U À J LE PETIT-FILS (s’agenouillant) E À
Ecoutez-moi, madame. Oh! pitié pour mon âge!
Pitié pour l’exilé! je serai votre page.
COMTE DE MAUREPAS
Arrête, mon enfant, et ne va pas plus loir.
ère!
use
LE PETIT-FILS (se relevant)
Mais quand c’est pour mon père? Ah! Je ciel m'est | [témoin Qu’afin de le «sauver je me ferais esclave.
COMTE DE MAUREPAS
Mais il est une tache au front que rien ne lave. C’est trop t’abaisser: toi, descendant d’un croisé, Soulever le manteau dont les bords ont rasé Tant de fange, depuis le bouge jusqu’au trône!
DAME DE POMPADOUR
Acteur! vieil insensé! je me ris de ton prône Et monte de ma boue au palais de nos rois.
COMTE DE MAUREPAS
Tu t’en enorgueillis? plus vile que je crois! La beauté n'a qu'un temps; comme la fleur, ses [charmes
Sous les ans pâliront. Tu te moques des larmes
D'un enfant, d’un vieillard, et nous chasses d’ici :
De ce château royal, tu sortiras aussi,
Humiliée, après en avoir été l’hôte;
Maïs nous, bien qu’attristés, sortons la tête haute. (Exeunt.)