‹ Lévis, ou, Abandon de la Nouvelle-France [microforme]Chapitre 27 sur 70 · SCENE XII LÉVIS et DE BOUGAINVILLE · texte numérisé non relu

SCENE XII LÉVIS et DE BOUGAINVILLE

LÉVIS Ai-je bien entendu?

DE BOUGAINVILLE

Mais je ne puis le croire.

Lui, ei peu soucieux d’avenir et de gloire, Ekt-ce le descendant de ce Louis le Grand Qu'on croyait immortel?

LÉVIS

Ah! la volupté rend Fou, tue en l’âme tout ce qui vers Dieu l'élève, D'un sublime idéal fait fuir le riant rêve, Tarit avec le sang et la vie et l'honneur:

Paüvre Roi!

DE BOUGAINVILLE Pauvre peuple!

k LÉVIS

Ah! cet empoisonneur, Le temps, a, de la mort, mis le terrible germe Dans ce sang pur, royal. Le chêne haut et ferme, Loïgtemps roi des forêts, tombe: un faible buisson Le couvre de son ombre: ainsi cette maison

fa disparaître avec celle de Mérovée,

Celle de Charlemagne! et l’œuvre inachevée .

Des François, des Louis, qui la finira donc?

it DE BOUGAINVILLE Que dira-t-on chez nous de ce triste abandon?

LÉVIS

“ Le déluge après nous! ” Qui sait si tant d’orgies Ne se laveront pas dans des sources rougies? .

DE BOUGAINVILLE

Oui! dans le sang: l’infâme! :

LÉVIS

Et sait-elle vraiment Ce que c’est qu’un déluge? Un divin ‘châtiment Qui soudain submergea la terre pour ses crimes, Balaya les cités et rasa jusqu'aux cimes, Engloutit en ses flots toute l'humanité. ‘

DE BOUGAINVILLE

Et Voltaire sur qui nous avions t . t compté! LÉVIS

Ah! ne m’en parle pas, c’est le dernier des hommes: Et comment traite-t-il ce pays d’où nous sommes! Comme la femme qui sut un jour nous sauver

"Et la plus pure dont l’homme puisse rêver

Après ta mère, ô Christ! la gentille Pucelle!

Comme il traite la France, une mère aussi, celle

La

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