SCENE I
La scène se passe à Québec. Le théâtre représente les plaines d'Abraham.
VERGOR
Par quel temps passons-nous! nous sommes en alerte
Et le jour et la nuit: cela me déconcerte.
Après notre victoire au sault Montmorency,
J'ai cru que les Anglais s’en iraient loin d'ici.
Ils ne comprennent rien à notre politesse,
S’obstinent à rester quand nous voulons-qu’on laisse.
Ils braquent leurs canons sur toit et sur clocher.
Quand auront-ils assez de bon sens pour lâcher?
Ce pauvre Québec est un monceau de ruines.
Tout tremble: ce rocher et les cimes voisines.
Leur armée, en un long serpent, de ce terrain
Jusqu'en bas de Lévis, s'étend et nous étreint.
Un courrier n’attend pas l’autre, mais je m’en fiche!
De ses conseils on sait que Montcalm n’est pas [chiche;
Et, le gouverneur donc! Lévis heureusement
S’occupe à l’île aux Noix, sans quoi pas un moment
De repos. (On entend des voix.)
Qui va là?
EE” en SCENE II
DAMES PÉAN, DUOHESNEAU (eu chaise à porteurs), - CADET, BIGOT, MAURIN, et porte-flambeau.
DAME PÉAN
Nous qui faisons la ronde.
VERGOR Ah! quel gai bataillon!
DAME DUCHESNEAU
Gare! car notre œil sonde Jusqu’aux replis du cœur.
CADET
Trouve un traître partout.
Dites qu’il sait au jeu trouver de l’or surtout.
DAME PÉAN
Tout ce qu’il nous a pris il faut qu’il nous le rende
MAURIN
Et la partie, à quand?
DAME DUCHESNEAU
Ce soir même, l’offrande.
DAME PÉAN Je crois déjà sentir de nes mains le magot:
BIGOT Venez!
DAME DUCHESNEAU
Venez avec nous au château Bigot.
VERGOR Le devoir me retient.
DAME PÉAN Fi donc!
VERGOR Est-ce ma faute?
DAME DUCHESNEAU
Quoi! sur ce pic?
MAURIN
C’est pour lui tenir âme haute.
CADET
Ainsi nous gagnerons et vous n’y serez pas.
DAME PÉAN Pendez-vous, beau joueur!
MAURIN Nous l’amenons en bas.
VERGOR