Cowper Rose, llist. tiniv. des voyages, t. XXIX, p
LA MORALE SAUVAGE
Irale, il fallait, en présence d’un cacique Cliibcha, se tenir prosterné, la face appliquée sur le sol‘. Aux îles Samoa, on ne devait traverser une pièce où se tenait ün chef que le corps courbé et la tête basses. Dans l’arcbipel Fidji, les hommes du peuple prenaient devant les chefs des attitudes abjectes ; ils se couchaient, s’accroupissaient, tombaient le visage contre terre. « Ils appelaient le chef, dit Morenebout, dieu (Kalou)y racine de la guerre {Donana Valouy. » A Tonga, pour faire sa cour au monarque, on devait d’abord toucher les pieds du maître avec la paume et le revers de la main, puis placer sa tête sous la plante de ces vénérables pieds
Mais c’est en Afrique qu’il faut aller étudier la servilité dans toute sa splendeur. On retrouve là, sur une vaste échelle et à tous les degrés, l’état d’abjection mentale par lequel ont passé, dans le temps et dans l’espace, toutes les races humaines, parvenues à la phase politique de la monarchie primitive. En Afrique, le cérémonial canin atteint les limites extrêmes de l’extravagance, surtout dans la zone moyenne du continent, où les attitudes, les gestes, la mimique sont préférés aux formules verbales. Des côtes de la Guinée au Zambèze, on se prosterne aussi facilement que nous saluons en Europe. D’ailleurs notre salut n’est que l’abréviation schématique du prosternement d’autrefois. Aux yeux des inférieurs, tous les rois et roitelets de cette vaste région sont des êtres divins, en présence desquels on ne saurait s’humilier trop profondément. A l’appui des réflexions par lesquelles j’ai terminé ma dernière leçon, je remarquerai que cette zone de l’.Vfrique noire est aussi la