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I. — LA MORALE DANS LA PERSE ANCIENNE

Dans cette enquête sur la morale, à travers la série des peuples et des âges, les textes légaux ou moraux nous ont jusqu’ici presque toujours fait défaut, j’entends les textes émanant des peuples mêmes, que nous interrogions. Dans la dernière leçon seulement, quelques papyrus égyptiens, quelques inscriptions assyriennes, déchiffrés à peu près exactement par les savants spéciaux, nous ont fourni des

l'enseignements importants, mais bien incomplets, sur l’état moral de l’Egypte et la férocité des anciens monarques d’Assyrie. Pour la Perse et l’Inde anciennes, nous sommes plus heureux, puisque nous pouvons consulter des codes entiers : VAvesta et le code de Manou. Il nous sera môme loisible, et c’est un moyen de contrôle précieux, de nous renseigner auprès des voyageurs, des missionnaires, sur l’éthiquerécenteou actuelle des populations contemporaines, issues de ces antiques empires et dont certaines, celles de l’Inde par exemple, observent encore leurs vieilles lois.

Des deux anciens codes théocratiques, dont je vais m’occuper, VAvesta et le code de Manou, le premier est, au point de vue de la morale pratique, bien moins explicite et bien moins précis que l’autre. C’est, dans toute la force du terme, un code religieux où l’éthique proprement dite est tout à fait subordonnée à la liturgie, où les textes légaux sont noyés dans le fatras des formules hiératiques et des litanies. Ajoutons que la langue zende a beaucoup mieux résisté que la langue sanscrite aux efforts des linguistes et que les meilleures traductions de VAvesta laissent encore beaucoup à désirer, sans parler des nombreuses interpolations. . ..

Deux genres de prescriptions cependant donnent à VAvesta lin caractère pratique, contrastant singulièrement avec les insanités pieuses, qui s’y étalent si luxueusement : ce sont les exhortations à fonder une famille et à labourer la terre. (( ,Ie proclame pour toi, qui as une épouse, ô saint Zoroastre, la priorité sur celui qui n’en use point; pour le chef de maison sur celui qui n’en a point; pour le chef de famille, sur celui qui n’a pas d’enfants; pour le possesseur de terres sur celui qui n’en a point h »

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