‹ L’évolution de la moraleChapitre 288 sur 372 · M. Block, Europe politique el sociale, p · texte numérisé non relu

M. Block, Europe politique el sociale, p

L’ÉVOLUTION DÉ LA MORALE, damnait tout mendiant, se reliisant au travail, d’abord à être marqué et adjugé, comme esclave, pour deux ans, à la personne, qui aurait informé contre lui ; en cas de fuite avec récidive, à la peine de mort.

Sous Elizabeth, une autre loi condamne à mort tout homme vigoureux, ayant dépassé l’age de dix-huit ans et mendié trois fois; plus tard, la peine capitale fut remplacée tantôt par les galères, tantôt par le bannissement*.

D’ailleurs tout le système pénal de l’Europe ancienne fourmillait de traits sauvages, qui, mieux que tout le reste, montrent combien le christianisme, la chevalerie et toute l’organisation féodale avaient peu humanisé les mœurs.

En Europe comme ailleurs, la justice pratique et l’idée de justice dérivèrent du droit de vengeance et il en sortit, comme partout, la loi du talion. Dans une leçon précédente, nous nous sommes occupés du talion germanique et des compensations pécuniaires, qui en dérivèrent. Ces coutumes SC généralisèrent avec la conquête dans la Gaule franque.

En 1168, à Saint-Omer, il existait un tarif judiciaire détaillé ; les crimes et délits se pouvaient commettre à prix fixe : deux sous pour une contusion sous les vêtements ; quatre pour une contusion dans un endroit découvert ; trente sous pour chaque jointure du doigt et quarante pour le pouce ; pour fœil crevé, les parties génitales coupées, etc., « à restorer la moitié d’un homme, etc." ». Un tiers des amendes allait à la victime, un autre tiers au châtelain, le reste aux fortifications ^ Néanmoins le flagrant délit entraînait le talion rigoui’cux.

t. Lecky, nistory of European Morals, etc., t. II, p. 96.

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