‹ L’évolution de la moraleChapitre 363 sur 372 · L’abb6 Batteux, La morale d'Epicuve, p. 245-’2i · texte numérisé non relu

L’abb6 Batteux, La morale d'Epicuve, p. 245-’2i

‘‘2. Produclion virile, II.

LA MORALE UTILITAIRE ET TRANSFORMISTE

Ce sont surtout les religions, qui ont fait monter la morale de la terre au ciel. Mais sons ce rapport, la palme appartient au christianisme, qui, clans notre occident européen, a, pendant quelque quinze cents ans, maintenu la morale absolument en dehors du raisonnement scientifique.

C’est à nos penseurs du dernier siècle que revient l’honneur d’avoir prononcé entre la morale et la religion un salutaire divorce. Ils posèrent le principe, mais naturellement ne surent pas en tirer toutes les conséquences. Helvétius, par exemple, donna à la morale une base à la fois trop étroite et trop grossière : la recherche égoïste des plaisirs sensuels, et rien de plus. Il ne semble même pas avoir songé aux jouissances morales et intellectuelles.

D’Holbach vit beaucoup mieux et beaucoup plus loin. « La morale, dit-il, est la science des rapports, qui subsistent entre les hommes, et des devoirs qui découlent de ces rapports. Ou, si l’on veut, la morale est la connaissance de ce f{ue doivent nécessairement faire ou éviter des êtres intelligents et raisonnables, qui veulent se conserver heureux et vivre en société. » — « Toute science ne peut être que le fruit de l’expérience... La science des mœurs, pour être sûre, ne doit être qu’une suite d’expériences constantes, réitérées, invariables, qui, seules, peuvent fournir une connaissance vraie des rapports subsistants entre les êtres de l’espèce humaine L »

L’idée de faire de l’éthique une science et même une science d’observation et d’expérience est, à coup sûr hardie, juste et féconde. Elle ne tarda point à germer et à se développer. J. Bentham la reprit et lui fit faire quelques pas en avant. H déclare nettement, que « la base de la déontologie, c’est le principe de l’utilité, c’est-à-dire qu’une action est

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