Wake, Evolution of MoraliUj, t. I, p
donné leurs enfants, adoptaient de jeunes chiens, les soignaient, les caressaient et les élevaient avec beaucoup de sollicitude \
Ces féroces coutumes n’élaient point spéciales à la Mélanésie. En quantité de contrées, elles ont été dictées par les implacables nécessités de la vie primitive. Dans certaines petites îles, où la quantité d’aliment était strictement limitée, l’infanticide était réglé presque légalement. Ainsi à Tikopia-, aux îles Radak®, il était moral de mettre à mort le troisième ou le quatrième enfant.
Dans tous les archipels polynésiens, l’infanticide était aussi une pratique fort commune. Il en était même né une profession : des « lueurs d’enfants » attitrés parcouraient les villages en offrant leurs services aux femmes nouvellement mères \ car d’ordinaire, en Polynésie, l’enfant était sacrifié au moment même de sa naissance. L’épargnait-on, ne fût-ce que pendant une heure? Alors l’opinion publique, non pas la loi, intervenait ; elle lui reconnaissait le droit de vivre, se faisant visiblement, dans ce cas, l’interprète de l’instinct maternel réveillé. Néanmoins en Polynésie l’infanticide était devenu une habitude générale. A Taïti, dit Ellis, il n’y avait pas de femme qui n’eût tué au moins un de ses enfants^, soit en l’étranglant, soit en l’enterrant tout vivant. Aux îles Sandwich, les naissances étaient mises ainsi en coupe réglée. On a évalué aux deux tiers la proportion des enfants sacrifiés de cette manière®. Aucune famille n’élevait plus de deux ou trois enfants (Ellis).
Aux Marquises et aux îles de la Société, la célèbre con-