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Fargard, Vendidad, t. XV

LA MORALE BESTIALE

Des quelques entretiens qu’il m’est arrivé d’avoir eu jadis avec des solliciteuses de ce genre, il me semble résulter que l’absence de sens moral chez nombre de femmes, dans la question qui nous occupe, tient à ce que, selon leur opinion, l’enfant n’a pas de personnalité avant sa naissance. On ne l’a ni vu, ni embrassé, ni caressé; il est donc encore dans le monde des choses inanimées ; on en peut disposer, comme on le fait de ses cheveux et de ses ongles. C’est exactement ce qui arrivait, comme nous venons de le voir, en Polynésie, où les mères sacrifiaient sans aucune hésitation leurs enfants, mais au moment même de leur naissance, quand elles ne les connaissaient pas encore. Les voyaient-elles , les avaient-elles tenus dans leurs bras , aussitôt l’instinct maternel se réveillait et protestait.

J’estime que, si la moralité féminine est si fréquemment en arrière sur ce point, si le sentiment du respect de l’enfant avant sa naissance ne s’est point encore organisé dans le cerveau de beaucoup de femmes, même développées, cela tient, pour une large part, à la pruderie ecclésiastique, qui, depuis tant de siècles, préside à l’éducation féminine et en exclut certains sujets d’une importance pourtant capitale pour les femmes. L’enseignement faisant systématiquement défaut sur certaines questions de morale pratique, il est difficile que, de ce côté, la moralité s’affine et progresse.

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