AU
sition universelle de Chicago fut pour lui un enseignement précieux, et les sages en étudient encore, avec profit, les résultats commerciaux. Voici une pensée tombée de ses lèvres, il y a peu de temps, et qui mérite d’être recueillie :
‘En ce rioment les transactions internationales sont à peu près nulles. Personne ne veut acheter des marchandises avant de savoir quels droits ils auront à payer. Lorsque disparaîtront ces difficultés fiscales, le commerce local et international devra s’améliorer. Quant à la situation générale des affaires aux États-Unis, MM. Depew, Flower, Goddard et autres, qui représentent en grande partie les intérêts des voies ferrées dans la République, sont d’un avis encourageant ; ils pensent que les nuages se dissipent graduellement et que la situation s'améliore. Un autre indice rassurant c'est que les compagnies faisant partie des différentes organisations, aux États-Unis, s'entendent mieux quant aux taux de transport de voyageurs et de marchandises. Je parle des grandes lignes et des associations centrales de trafic qui contrôlent toutes les voies ferrées entre St-Louis, Chicago et la mer. Quant au Grand Tronc,
on peut s'attendre à une diminution énorme dans les recettes hebdomadaires, comparées à celles de 1893. L'exposition universelle fut inaugurée le premier mai, l’année dernière. Tout d’abord, le trafic n’en fut guère ‘affecté, et toutes les compagnies fürent déçues dans leurs espérances. Les trains spéciaux cessèrent. le service ordinaire suffisant aux besoins. Mais, vers le temps de la clôture de l’exposition, en septeinbre et en octobre, le rendement s'éleva bien au-dessus de celui de 1892. Nous avons maintenant à lutter contre ces chiffres élevés, il est raisonnable de croire que la comparaison sera défavorable ; elle pourrait donner lieu à des déductions fausses, si la cause n’en était pas connue. Je prévoyais que l’exposition universelle nuiraïit au trafic ordinaire, aux bains de mer et aux lieux de villégiature, quant aux voyageurs, et en détournant l'attention du peuple des entreprises commerciales. Ceci eut lieu, mais les conditions financières extraordinaires entourant les transactions commerciales aux États-Unis rendirent la situation bien plus mauvaise. Il y eut, pendant toute cette période, une espèce de panique. Nombre de compagnies de chemins de fer, au-delà de la frontière, tombèrent en banqueroute,
et il existait un état de chose qui, espérons-le, ne se renouvellera jamais. Il n’y aura pas de trafic comparable à relui créé par l'exposition universelle, mais nous pouvons espérer, je crois, ure reprise générale des affaires ordinaires. Cela mitigerait certainement la diminution prévue dans notre recette hebdomadaire, si les difficultés fiscales dont j'ai parlé cessaient et si les affaires reprenaient leur cours normal. En ce moment, on demande partout le transport à bon marché, et il est absolument vrai que les chemins de fer transportent aujourd’hui presque au prix coûtant et ne laissent aucun profit à la compagnie. (C’est de toutes parts une lutte pour la vie; sans doute les mieux organisés survivront et j'espère que le Grand Tronc est du nombre de ces derniers. ””
Encore une citation pour finir :
‘Quant à l’immigration de l’année, il me semble que l’état des choses aux États-Unis et au Canada n'est pas favorable à l'augmentation du nombre de travailleurs. Il y a à cette heure, sur ce continent, des milliers, peut-être des centaines de milliers d'hommes sans ouvrage. Puis le prix du blé et autres céréales est en ce moment si bas et la demande si limitée comparativement, qu’il semble inutile d'augmenter le chiffre de la production. Il doit y avoir trop de céréales dans le monde, si j'en juge par le prix qui, je crois, en septembre dernier, est descendu à cinquantecinq centins le minot de blé. Une autre raison qui milite contre l'importation de nouveaux travailleurs sont les grèves sans cesse renaissantes, faute de tribunaux qui empêchent le recours à l’x/fima ratio dans les disputes entre patrons et ouvriers.”
D'un aspect imposant, M. Seargeant est néanmoins très abordable et plaît à tous ceux qui ont affaire à lui. Il est un des gouverneurs du Royal Victoria Hospital et de l'Hôpital Général de Montréal et un membre du St. James Club, Montréal, et du Rideau Club, Ottavra. Président des compagnies de chemin de fer Chicago & Grand Trunk ; Detroit, New Haven & Milwaukee ; Grand Trunk Junction ; Chicago, Detroit & Canada Grand Trunk Junction ; Michigan Air Line, et vice-président de la International Bridge Company. M. Seargeant a épousé mademoiselle Elizabeth Sedley Barnes, de Londres, Angleterre, sœur
du Dr Robert Barnes, médecin célèbre, auteur d’un grand nombre de traités très estimés.