DESSUS
« Comme il faut des remarques grammaticales , surtout pour les étrangers, dit le commentateur, on est obligé d'avertir que dessous est adverbe, et n'est point préposition : « Est-il dessus? est-il dessous? il est sous vous; il est sous lui. » C'est encore une règle moderne, que Voltaire donne comme une règle constante de la langue :
Sur le midy prenions nostre repas
Dessoubz quelque arbre, où la chaleur haultaine
Ne nous nuysoit, prés de quelque fontaine.
(Le seign. de Borderie, Le Disc, du voijaye de Constaiiiinople.) Aussi est-ce la créature La plus parfaite que nature
Forma jamais dessous les cieux. (Godard, Les Desguisez, i, 2.)
Je ne sçaurois faillir dessous votre conduite. (L. G. Discret, AHz-, ii, 3.) 0 sensible contrainte, ô rigoureux ennui, D'être obligé d'aimer dessous le nom d'autrui! (Rotr., VeucesL, ii, 6.)
Voltaire lui-même a employé dessous comme une préposition :
Vous dormez dessous les courtines
Et des Grâces et des neuf Sœurs. [ÉpU. ii Desmaliis.)
On trouve encore en vers , à la même époque , cet emploi chez des auteurs de mérites divers; ainsi, au septième chant de la Henriade travestie, où il est parlé des milliers de nouvellistes :
Déguenillés, mourant de faim.
De ces hâbleurs passant leur vie Dessous l'arbre de Cracovie.
DESSUS, employé comme préposition avec un régime :
Une amitié si longue est fort mal assurée
Dessus des fondements de si peu de durée. {Mél., i, 1.)
' Peut-être qu'après tout ces croyances publiques
Ne sont qu'inventions de sages politiques Pour contenir un peuple, ou bien pour l'émouvoir. Et dessus sa foiblesse atfermir leur pouvoir.
{Pot., IV, 6, l''"éd. jusqu'en 1G60 excl.)
Et que tant de faveurs dessus lui répandues
Sur un indigne objet ne sont pas descendues. (Suite du Vtn/., v, 3.)
Rodogune a paru sortant de sa prison,
Comme un soleil levant dessus notre horizon. [Rod., i 4.)
Ah! vous fûtes toujours l'illustre Pulchérie,
La fille d'empereur dès le berceau nourrie;
Et ce grand nom sans peine a pu vous enseigner
Comment dessus vous-même il vous falloit régner. [Héracl., m, 3.)
Je m'en consolerai quand je verrai Phocas
Croire affermir son sceptre en se coupant le bras,