I.MPATIENT QUE... .M
Impaiienl pour eux que la cérémonie
;Ve commence bientôt, ne soit bientôt finie. [liod., v, 1.)
IMPERTINENT, avec un nom de chose, hors de propos, sot, ridicule :
L' impcriiueule crainte !
Que m'importe de perdre une amitié si feinte! [La Sniv., i, 9.)
Je crois que ce ne sera pas une curiosité im/HT/iHCH/c do'sçavoir l'étliymologie do ces deux mots ont et l'oui. (Vaugel., Hem. sur ta tawi. franc.) — Ils s'imaginent que trop de sagesse offense les femmes, et revenus de cette manière d'aimer pure et respectueuse qu'on pratiquoit du temps de nos pères, disent qu'elle est bonne dans les livres, mais itn;e)iiiicnte dans la sociélo. (Campist., L'Amante Amant, iv, 9.)
IMPETUEUX, li;^. loi iMi'iVrt risk, pour sij,'ni(it'r loi iiiipostîe avec une préiipitation inconsidfri'c :
Une seconde fois, adorable princesse,
Malgré de vos rigueurs \'imi>t'tucuse loi... [imlrom., v, 2.
l.Ml'LEXE,en parlant d'une i)ic«t' i\r ili.-;iliv dont l'intriyue est (•(jm[)li(Hice :
C'est l'incommodité des pièces embarrassées, qu'en termes de l'arl on nomme implexcs, par un mot emprunté ilu latin, telles que sont Rodo'june el lUraclius. (Examen de Cinna.)
Il faut faire une grande di(Teri'nc<> entre une action douM- ■' "<>■' "■li") i'"plexe. (J.-B. Rouss., Leil., xvi. à M. Riccoboni, éd. 1743.)
376 IMPOLLU. — IMPORTER.
IMPOLLU, non souillé, avec un nom de personne ou de chose:
Je saurai conserver d'une àme résolue
A l'époux sans macule une épouse inipolluc. (Tlii-od., m. l.)
Ce Dieu qui fait d'un mot quoi qu'il ait résolu,
Te regarda toujours comme un vase impollu
Où SCS grâces seroienl encloses. [Œuv. div., Louanges de la Vierge.) Je meurs, tu l'as voulu, mais je meurs impollue.
(J. DE ScHELANDUE, Tyr ti Sitluii, 2<^ journ., iv, 3.) Sortir impollus hors d'une noire fange. (D'Aubigné, Les Trarj., n.)
Et comment durant Icsdits trois jours il s'estoit aLsleiiu de compagnie de femmes, à quoy il faut bien avoir csgard devant que d'entreprendre cest inviolable, iiiipolu et sacrosainct mystère. (Tahureau, .Sec. Dial. du Democriiic.)
IMPORTANCE, un nom d'importance, un nom qui donne une liante importance :
Ce grand nom de Romain est un précieux titre,
Et la reine et le roi l'ont assez acheté,
Pour ne se plaire pas à le voir lejeté,
Puisqu'ils se sont privés, pour ce Hom d'importance,
Des charmantes douceurs d'élever votre enfance. {Nicom., i, 2.)
— HÉROS d'importance, dit ironiquement comme grand héros:
Faites, faites entrer ce héros d'importance.
Que je fasse un essai de mon obéissance. [Sert., ii, 2.)
— DES CRIMES d'importance, des crimes graves :
Me ranger à son choix, sans savoir mon projet.
Deviner sa pensée, obéir par avance,
Sont-ce, Lise, envers lui des crimes d'importance? {Suite du Ment., iv, 3.)
IMPORTER. IL n'importe de (un subst.), telle chose n'a pas d'importance, qu'importe de? quelle importance telle chose a-t-elle?
Quand l'effet est certain il n'importe des causes. (Sophon., v, 4.)
Et qu'importe à tous deux de Rome et de l'Etat? {Otli.,u, 4.)
On a dit de même :
Eh! que m'importe, hélas! t/e ces vains ornements ! (Rac, Bér., iv,2.)
Pourvu qu'on ait la conscience nette, qu'importe des discours? (Baron, La Coquette, i, 4. )
— IMPORTER DE, avcc uu substautif pour sujet, pour signifier qu'il y va de ;
En matière d'état, ne fût-ce qu'un atome,
Sa perte quelquefois importe d'un royaume. 'Att.,i,2.)
Pour chose qui importe de son avancement, il a esté conlrainct faire ce qu'il
vous dira. (Laiuv., Le Morf., ii, 4.) —Béatrice. Pourveu qu'il meure, qu'im-
IMPOKTL'M-K. — IMIMiSKU. 377
porle qu'on dise que vous l'avez fait luer? — Vunoinii;. Comineiill il impoiic de ma vie el de mon honneur. (Id., Le Fid., iv, lU.)
Do nuMue, avec un lôgiuu' indirect :
J'ai esté adverty que vous aviez envie de parlera moy pour une chose qui ne m'importe rien moins que de la vie. (Tolr.neiiu, Les Coniens, v, G.) — L'on pouvoil reprocher à Fernand, avec beaucoup de justice, qu'il savoil mal !,'arder ses places, de négliger ainsi les bons avis qui lui éloienl donnés, et de prendre le parti le moins assuré dans une nouvelle qui ne lui imporion pas moins que de sa ruine. {Seul, de t'Acad. sur le Cid.) — D'où vient donc qu'il auroit attendu si lard à donner un avis qui imporloii à son roi de la conservation de sa vie? ',.\nN., Apol. pour les catliol., i, 21.) — Connoissanl que... mon affaire de France n'étoil pas de celles qui se terminent en un mois, et qu'elle m'y arréteroit longtemps ; considérant aussi qu'elle m'imporioil de cinquante mille écus, je me résolus... (Bas- S0.MP., Mém., I.) — Il avoit, disoit-il, un procès <iui lui iinportoUde dix mille francs. (Reunauu, Voyaje de l'oloijne.)
Importa^ dans ce sons, se trouve aussi suivi iininédiatemcnl du régime :
J'ay encores mieux recogneu, estant sur le lieu, que ma venue n'iinponoit rien moins que la conservation de ceste armée à mon service. [Lcu. miss, de Henri IV, I. m, p. 83-2.)
Nous signalerons encore cet emploi renuuciuable :
Tay-toy, car tes discours me pourroient importer.
Si quelqu'un par hazard nousvenoil escouter.(ViinoNN., L'Impui^s.,\,'2.)
— Impers, ne m'i.mporte i'.\s, comme il ne m'importe pas :
Epousez, ou Didyme, ou Cléante, ou quelqu'aulre,
Ne m'importe pas qui, mon choix suivra le vôtre. [Tiiiod., ii, 1.,
IMPORTUNER de (un inlinit.), presser avec importunité de :
Aussi ne pensez pas que je vous importune
De payer mon amour ou de voir ma fortune. (T/rW., m, 3.^
IMPOSER (jiELQLE cnosE .V guiagu'i N, le lui l'aire croire mensongèrement :
Mais quoi qu'ii ces mutins elle puisse imposer,
Demain ils la verront mourir, ou l'épouser. {Uéracl., i, 3.)
Uui t'a broillé en la cervelle
Ce mensormc et bourde nouvelle
Qu'à Sagon tu veulx imposer?
(Matt. de BoUTiONi, Le liubais du citipui de Murot.)
Molière dit dans le iiK'iiie sens, sans n'-gime indirect :
Faites-moi pis encor, tuez-moi :>'\]' impose
En tout ce que j'ai dit ici la moindre eltose. (Le Di!pii amour., i, i.]
— iMi'osi'.u, inentif, [miir en imposer, comme le latin imp<>n>re :
Pour me faire croire ignorant, vous avez tâché d'imposer aux simples. [Lett. apoloij.)
■ilH IMPOURVU. — IMPRESSION.
Le dix-septième siècle, comme le seizième et l'époque antérieure, ne connaissait pas la distinction établie depuis une centaine d'années par les grammairiens entre imposer, commettre une imposture, mentir, ei en imposer, inspirer du respect, de l'admiration, de la crainte :
Nous metlanl seulement en Lutte d'endoctriner nostre peuple, et non de lui imposer. (Pasq., Leit., I, 2.) —Ceux qui vous applaudissent, ceux qui affectent de vous louer, ceux qui vous appellent heureux, beaucoup plus ceux qui vous appellent parfaits, vous ?mpost«< et abusent de votre crédulité. (Bourd., Serm. pour le 4'^ dim. après Pâq., ii.)
De même, sans régime indirect de personne :
Pendant que la vérité est contredite , l'hérésie lève la tête, impose et triomphe. (FÉN., Lell., au P. Le Tell., 22juill. 1712.)
Molière emploie souvent imposer avec le sens de mentir. Voir le Lexique de M. Génin.
L'estimable auteur des Variations du langage français est peutêtre trop sévère, dans le cas présent, à l'égard des grammairiens. La distinction qu'ils ont établie entre imposer et en imposer tourne à l'avantage de la clarté du sens. Les Latins disaient, il est vrai, imponere i^our mentir, mais ce verbe ne pouvait jamais signifier inspirer du respect, de l'admiration, de la crainte.
IMPOURVU, pour imprévu :
Sans doute il m'aura vue, Et c'est de là que vient cette fuite impourvue. [MéL, ii, H, édit. 1633.)
A partir de l'édition de 1644, Corneille mit imprévu :
Et depuis sa prison, ce que vous avez vu,
Son adultère amour, son trépas imprévu. [L'Ulus. corn., v, 5, 1" éd.)
Imponrvu, dont les auteurs du quinzième et du seizième siècle
ofïVent de très-fréquents exemples, comme Villon, Test., p. 7;
Pasq., Rech., 1. viii ; Tahureau, Second Dialogue du Democritic;
D'Urfé, Astr.,\, M, s'est dit encore après l'époque des premières
pièces de Corneille :
L'Alviane, général des Vénitiens, survint, qui à l'impourvu les chargea en queue. (MÉZER., Hist. de France, 1. Vi.)
IMPRESSION, édition :
Quand elle voit son frère mettre l'épée à la main , la frayeur si naturelle au sexe lui doit faire prendre la fuite, et recevoir le coup derrière le théâtre, comme je le marque dans cette impression. [Exam. d'Horace) — Le seul Surius, ou plutôt Mosander, qui l'a augmenté dans les dernières impressions ; en rapporte la mort assez au long sur le neuvième dejanvier. {Potyeucte, Abr. du mart. de S. Fol.)
IMPRIMER. 37i)
Cette signification est Irès-fréquonte depuis le seizième siècle jusqu'au commencement du dix-huitième :
A la seconde impression je ne fer.iy si grand tort à ma langue que de laisser estranglor une telle vérité sous couleur de vain abus. (Hons,, Od., advert. au lect.) — Les i>n/;)ts,vio/M- grecques de Hubert Etienne sont admirablementbelies. (Lamy. Enirei. sur les sciences, vi.) — Les impressions qui se sont faites à Francfort depuis Henri Etienne ne sont pas moins belles et sont plus complètes. (Id., i7>k/., — Vous ne (levez jamais lire un livre que vous ne sacbiez quel en a été l'auleur, le temps auquel il a écrit, sa vie, l'estime qu'on en a fait, et (juelle en est la bonne impression. (Id., ibid.} — C'est encore une plaisante excuse de sa vanité de dire iju'il n'a écrit que pour ses parents et amis. Car si cela eût été, pourquoi en eût- il pu faire trois impressions ? ^Malebr., Ilecli. de la vér., ii, 5, 3" part.) — D'où vient encore qu'il a augmenté son livre dans les dernières impressions qu'il en a fait faire? (Id., ibid.) — La première im/^rfiAio/i du Dictionnaire de M. Bayle étant presque toute vendue, on songea à en donner une seconde édition. (Desmaiz., Vie de M. Baijle.)
IMPRIMER, en puiluiil d'un sentiment, avec un notu tle pefsonne pour rég. indir., comme imprimer dans l'âme de :
Les hommages qu'Agésilas Daigna rendre en secret au peu que j'ai d'appas. M'ont si bien imprimr l'amour du diadème,
Que pourvu qu'un amant soit roi,
Il est trop aimable pour moi. • (Agés., i, 1.)
— IMI'Rl.MEK DES RESSENTIMENTS A :
Enflé de la victoire et des ressentiments
Qu'une perte pareille imprime aux vrais amants. {l'omp., ii, 4.)
— iMriiiMi.it i:.NK TACiii: a sa iu:n().m.\iî;e :
Comte, penses-y bien, et pour m'avoir aimée,
Wimprime point {in tacite à tant de renommée. 'l'ertli., il, 5,)
— IMI'UIMEU L.NE If. N 0 M 1 N IK A SON NOM, aVl'C Ull Iloin (if cllOSe
pour .siijt't :
Je l'entends murmurer à toute lieurc, en tous lieux,
El se plaindre en mon cunir de celle vjnominie ,
Qu'imprime a '•on ijrand nom celte murt impunie. [(É.d., i, 5.)
— IMI'UIMEU UN AEEUONT A, aveC UU UOIll de clliiM' ;
l'ieurez l'aulre, pleurez l'irréparable affront
Que sa fuite honteuse imprime <i noire front. [Uor., m. G.)
— iMi'iuMÎ;, part, passé. Avniu i. \ \i:hti' iMi'itiMi.i: m (.(h:! u :
Une telle vertu nappartenoit qu'à nous ;
L'éclat de son grand nom lui fait peu de jaloux,
Et peu d'hommes au caur l'ont a>sez imprimi-e,
Tour oser aspirer à tant de renommée. i,llor., ii, 3.)