AUTANT
— u'alta.nt, avec d'autant plus pour relalit :
Je l'ai donné la vie et tu me rends ma gloire;
Et d'iiuiant que l'honneur m'est plus cher que le jour,
D'autiiiu plus maintenant je le dois de retour. (Le Cid, iir, 6.)
— Al TANT niK , AiTANT, eiuplové comiiio «»^fl«^ autant:
AtUilut (jne \ nus de peine à l'éUMndre en naissant,
.ittiiiiu m'en faudra-t-il à la faire renaître. (La Gui. du l'ai., m. 10.)
J'ai précipité ma reconnoissance, quand j'ai considéré t\\\\xutanl (iiie\e la différerois pour m'en acquitter plus dignement, autant je demeurerois dans les apparences d'une ingialitude inexcusable envers vous. Ilérucl. , Ep. au clianc. Séguier.)
Autunt que sa fureur s'est immolé de tètes,
Auimit dessus la sienne il croit voir de tempêtes. [Ibid., i, 1.)
Cette tonne a (Hé loiiylemps très-u.sitée et est encore iiHliiiuéc dans les dictioiiiuiires :
Autant nue la face de la république paroissoit belle au dehors par ses conquêtes, au<a;i< étoit-elle défigurée par l'ambition désordonnée de ses citoyens el l)ar ses guerres intestines. (Boss., Ilisi. uniu., l"p-, 0'' ép.) — Autant (/«'on doit mépriser les mauvais poètes, autant doit-on admiier et chérir un grand i)oéie. FÉ.v., Leti. à l'Acad., v.) — Autant ([ne la terre de Chypre nous avoit paru négligée el inculte, autant celle de Crète se montroil fertile et ornée de tous les fruits par le travail de ses habitants. ;ld , Télém., v.) — Autant que ceux qui s'enchaînent eux-mêmes par leurs passions sont misérables, autant ceux que Dieu prend plaisir à enchaîner de ses propres mains sont-ils libres et heureux. (Id. , Inslruct. et av.] — Autant (/u'une paix sincère, entière et durable^ tjui mette la saine doctrine en pleine sucurilé, est l'objet de tous mes désirs; autant une paix fausse, une demi-paix, une paix superficielle, qui augmente la contagion en la couvrant, me paroît odieuse et détestable. (Id., Lc«., à Le Tell., 17 mai 1714.'; — Autant que \ii désire la véiitable paix, u/Wu.wi ai-je d'horreur pour la fausse. (Id., ibid., à .M. de Roh., ^Tjiiill. 1711.) — Autunt «/hc je cherche avec empressement la société de vos serviteurs, autant je me dérobe à celle des hommes livrés au monde et à leurs passions. (.Ma.ss., t'arapkr. mur. du l's. xv. ) Libre d'ambition, simple et sans artilice. Autant que lu hais l'injustice, Autant la vérité le plaît. (Rac, Canl.. i.l
AutanKiuc les Itomains avoient négligé l'art militaire, a«/'i)i/ les Perses l'av oientils culli\é. .Mo.NTESû. , Grand, des liom., c. 21.) — Autant que le véritable homme de lettres doit applaudir aux pensées ou aux opinions d'aulrui quand elles le méritent, autant lui convient-il peu de n'en être que slupide sectateur. (GiiiAriD, Princ. de ta lamj. Jr., l" dise.) — Autant que la réalité est au-dessus do la figure , autant que l'Eglise l'emporte sur la symigogue, autant que le sacerdoce de Jésus- Christ est plus auguste (jue celui d'Aaron , autant que les sacrements de la loi nouvelle sont plus relevés (jue les cérémonies de la loi ancienne, autant les ministres chrétiens doivent être plus parfaits ({ue les ministres judaïques. (LaLuz., Cons. sur l'étal eccl,, p. 70, éd. 1809.)
Plus ancieiuieinent on disait de mT'ine, autant tjue, il'autant :
Alitant que ie m'eslois ietté en avant, ie me relance (i'uu/u;// en arrière. .Mont.. Ess.. II. \i.)
76 AUTORITi:. - AUTRE.
AUTORITE. AVOIR pleine autorité de, suivi il'uii infiiiilil, avoir plein pouvoir de :
El d'un art tout-puissanl les forces inconnues
Ne me laissoienl ouvert que le milieu des nues,
Mais le mien, quoique moindre, a pleine aiitoriié
De nous faire sortir d'un séjour enchanté. {Lu Tois. d Or, iii. C.
AUTOUR, ('ni[»k»L ])arliculier au figure :
Les anciens en prenoient si peu de liberté qu'ils arrêtoieni leurs iranëdies autour de peu de familles, parce que ces sortes d'actions étoient arrivées en peu de familles. {Deux. Disc.)
AUTRE, répondant à chacun :
Jamais un adultère, un traître, un assassin; Jamais d'ivrognerie et jamais de larcin; Ce n'est qu'amour entr'eux, que charité sincère; Chacun y chérit Vautre et le secourt en frère.
{Polyeucie, iv, G, 1" éd. etsuiv. jusqu'en 160U exclus.
— AUTRE, pour un autre :
J'obéis avec joie , et je serois jaloux
Qu'rte<//e bras que le mien portât les premiers coups. 'Pomp.. i. 1.)
On rencontre assez souvent autre employé comme ici, tout seul.
C'étoitun impie, qui n'avoit aw/ce loi que son ambition et sa politique. (Fleury, Catécli. Iiifiior.) — Les débauches du carnaval ne peuvent avoir eu autre principi! que le regret d'entrer dans le carême. (Id., Micurt, des ckrét., Lxvii.)
— De même autres pour les autres, d'autres :
El ne m'imposez pas celte indigne foiblesse,
De craindre autres périls que ceux de ma princesse. {OLd., i, 1.)
Un moment dans le trône éteint tous autres feux. [Tite et Bér., v, 2.)
Ayons plus d'égards pour Bacchus, On dit qu'il a planté la vigne; Conservons encore Vénus, Sa beauté l'en rend assez digne; .•libres déesses, autres dieux Feront bien de quitter ces lieux.
(S.-EvBEM., Sur la disp. louch. les anc- et les mod-
— AUTRE, avec inversion :
Malheureux le premier qui fâchera son maître!
Pour autres cent louis je ne voudrois pas l'être. (ta Suite du Meut., iii, 3.)
Je vous ay donné advis, par mes précédentes, de la Irefve que j'avois accordée
a mes subjecls rebelles pour trois mois, laquelle a encores depuis esté continuée
pour ru</;rc5 deux mois. [Lett. riiiss. de Henri IV, à .M. de Brèves, 22 et 26 déc. 1593.)
— El ce qui leur reste d'Italiens font uultres quinze cens chevaulx. [Ib., p. 557.)