‹ Lexique comparé de la langue de Corneille et de la langue du 17e siecle en généralChapitre 13 sur 344 · LOIN. — LONGTEMPS · texte numérisé non relu

LOIN. — LONGTEMPS

— Dans le même sens, puendke i,oi niî qlelqu'ln :

Nous craignons votre exemple, et doutons si dans Rome

Il n'instruit point le peuple à prendre loi d'un homme. {Sert., m, i.;

— PRENDRE LOI DE, suivi (l'un nom de chose, obéir à, se cont'ormer à :

Ses désiis prcndroni loi de mes propres désirs. [Agés., iv, 1.)

On a dit de même, prendre la loi de :

Pour qui m'est trop cruel je veux ètreharbare,

Dépouiller le respect dont j'ai trop pris la loi,

El perdre une pitié que l'on n'a pas pour moi. (T. CoiiN., Comm.. m. 2.)

Je n'ai plus recours qu'à ma rage; D'elle seule aujourd'hui je veux prendre la loi. ^Id.. Circé, ii, 8.)

— PLUS IL (cela) vous fait de lois pour, pour dire /jIks cela voi/s oblige de :

Je fus ambitieuse, inconstante et parjure.

Plus votre amour fut grand, plus grande en est l'injure.

Mais plus il a paru, plus il vous fait de lois,

Pour défendre l'honneur de votre premier choix. {Soph., n,4.)

LOIN. DE L0L\, en parlant de temps :

J'ai prévu d'assez loin ce que j'en viens d'apprenare. [Rodog., x, 4.;

LOISIR, n'avoir pas loisir de, suivi d'un subst. :

Nous Ji'avons pas loisir d'un plus long entretien . (Le Ment., i, 3.)

LONGTEMPS, employé comme une locution substantive :

C'est par là, Madame, que j'espère obtenir de Votre Majesté le pardon du long temps que j'ai attendu à lui rendre cette sorte d'hommage, (/'o/., à la reine rég.) Avoir un si long temps des sentiments si vains, C'est assez mériter l'honneur de vos dédains.

[Poés. div.. Sur le départ de la marquise de B. .\. F.) Son père peut venir, quelque long temps qu'il tarde. [Le Ment., i, 2.)

C'est seulement depuis la fin du dernier siècle qu'il a été décidé par la tyrannie grammaticale que longtemps serait toujours adverbe. Rien assurément n'empêcherait de le faire encore substantif comme dans les exemples suivants , où naturellement il est écrit en deux mots :

Le long remps qu'il y a que j'ay eu advis de votre parlement. [Leit. miss, de Henri lY, t. iv, p. 122.) — Vous savez le long temps qu'il y a que j'ay résolu un ambassadeur en ce pays-là. [Ibid., t. ni, p. 846, 30 sept. ].594.) — Je n'ai pas délibéré le faire pour un si long temps. [Ibid., t. iv, p. 41.) — Le long temp^ qu'il y a que sa compagnie lient la campagne. [Ibid., p. 256.) — Les Frères de Bohème... composent une secte particulière séparée des Albigeois et des Pauvres

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