‹ Lexique comparé de la langue de Corneille et de la langue du 17e siecle en généralChapitre 165 sur 344 · RAVIR. — RAYON · texte numérisé non relu

RAVIR. — RAYON

[Exam. de Théod.) — Je serois d'avis que le poêle prît grand soin de marquer à la marge les menues actions qui ne méritent pas qu'il en charge ses vers, et qui leur ôteroient même quelque chose de leur dignité, s'il se ravaloii à les exprimer. [Troisième Disc.)

— SE RAVALER jusqu'a, suivi d'uii subst. :

Dois-je me ravaler jusques à cet époux?

Ou dois-je par votre ordre aspirer jusqu'à vous? [Otli., n, 3.)

— RAVALER DE, neutre, comme baisser de :

Plus dans leur folle estime il se trouve compris,

Plus il ravale de son prix. (Imii , m, 42.)

On a dit de même, quelques années avant Corneille :

Car avec un défaut si digne de mespris,

Vostre beauté s'efface et ravale de prix. (Voiture, Elégie.)

Plus anciennement, on trouve dans le même sens ravaler en :

Tesmoings les usuriers de Landerousse qui naguieres se pendirent voians les bleds et vins ravaller en prix, et bon temps retourner. (Rabelais, m, 3.)

— RAVALÉ, participe passé, sort ravalé, coeurs ravalés :

Dans mon sort ravalé je sais vivre en princesse. [Théod., n, 4.)

Va, porte cette crainte à des cœurs ravalés. [Penh., m, 3.)

— TER.MES RAVALÉS, termes bas :

N'oublierez-vous jamais ces termes ravalés ? [La Veuve, ii, 4.)

RAVIR. SE LAISSER RAVIR A, pour se laisser emporter à :

Albe est ton origine : arrête et considère

Que tu portes le fer dans le sein de ta mère. ,

Tourne ailleurs les efforts de tes bras triomphants,

Sa joie éclatei'a dans l'heur de ses enfants ;

£t, 5e laissant ravir à l'amour maternelle.

Ses vœux seront pour toi, si tu n'es plus contre elle. Jior., i, 1.)

La Harpe, à tort, souligne comme impropre.

RAYON, fig. UN RAYON PROPHÉTIQUE, uue illumination prophétique :

Ce n'est pas tout, seigneur, une céleste flamme

D'un rayon prophétique illumine mon âme. (Cin., v, 3.)

— RAYON, fig. UN RAYON DE GENEROSITE I

Jamais un affranchi n'est qu'un esclave infâme ;

Bien qu'il change d'état, il ne change point d'âme ;

La tienne, encor servile, avec la liberté

N'a pu prendre un rayon de (jénérosité. ^Cin., iv, 6.)

REBELLION. — RECEPTION. 2:il

REBELLION avec le pluriel, pour désigner les sentiments d'un cœur révolté :

Et mon devoir confus, languissant, étonné.

Cède aux rébellions de mon cœur mutiné. (Cin., i, 2.)

REBOURS, l'entendre au rebours, croire le contraire :

Car je doute à présent si vous aimez Lucrèce, Et vous vois si fertile en semblables discours, Que, quoi que vous disiez, je l'entends au rebours. [Le Meni., v, 3.)

REBUT, en parlant d'une personne, l'objet du rebut :

Elle a le cœur trop bon pour se voir avec joie

Le rebui du tyran dont elle fut la proie. [Cin., ii, 2.)

Mais dans ce dur exil que mon tyran m'impose,

Le rebut de Pompée est encor quelque chose. [Sert., i, 3.)

Je cesse d'estimer ce qu'une autre refuse, Et bien que vos. traités vous engagent ma foi.

Le rebut d'Ildione est indigne de moi. [Alt., m, 4.)

Si Mandane, l'objet des vœux de tant de rois, Se doit voir d'un sujet le rebut, ou le choix. SILLAGE. Le rebut! vous craignez, seigneur, qu'il la refuse! [Sur., m, 2.)

— EMBRASSER UN GLORIEUX REBUT DE.., dit d'uue manière trèscontournée et travaillée pour signifier rebuter, dédaigner glorieusement :

Que mon âme ainsi mieux instruite Embrasse de la gloire un glorieux rebut. Et que de tes conseils l'invariable suite

Soit d'achever sous leur conduite

Le grand œuvre de mon salut. (Imit-, m, 23.)

RÉCENT, être récent de son latln, sortir de l'étudier , et en avoir encore la mémoire toute fraîche :

Je ne suis pas assez récent de mon latin pour me vanter d'entendre tous les mots choisis dont vous avez semé cet ouvrage ; mais je me connois assez en ce genre de poésie pour assurer qu'il y a des strophes dignes d'Horace. [Leit. à 31. l'abbé de Pure, 25 août 1660.)

C'est un latinisme. « Tu, qui a yrœcis litteris recentior es. » (Fronto, ad m. Cœs., 2, i, éd. A. Maio.)

RÉCEPTION. A MA RÉCEPTION, en me recevant, en me recueillant :

Sont-ce là les faveurs que tous m'aviez promises? Où sont tant de baisers dont voire affection Devoit être prodigue à ma réception ?

(Mél., v, 3, 1'" édit ; jusqu'à 1654 inci.)

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