‹ Lexique comparé de la langue de Corneille et de la langue du 17e siecle en généralChapitre 18 sur 344 · MAISON. — MAITRE · texte numérisé non relu

MAISON. — MAITRE

— Avec un sens analogue, employé dans le style noble :

Elle aime don Rodrigue, et le lient de ma maiiî,

Et par moi don Rodrigue a vaincu son dédain. {Le Cid, i, 2.)

— UN ÉPOUX DE LEUR MAIN, un époux qui est leur créature :

Clioisissez de vous-même, et je ferme les yeux.

Que vos seules bontés de tout mon sort ordonnent.

Je me donne en aveugle à qui qu'elles me donnent.

Mais quand vous consultez Lacus et Martian,

Un époux de leur main me paroît un tyran. [Oïli., m, 3.)

— A LA MAIN. Corneille dit, d'une manière très-particulière, MON TRÉPAS A LA MALN, pour signifier, tenant ma mort dans ses mains :

M'enlever mes enfants, c'est m'arraclier le cœur;

Et Jupiter tout prêt à m'écraser du foudre,

Mon trépas à la main, ne pourroit m'y résoudre. {Médée, m, 3.)

— Il dit encore, sa vengeance a la main, pour signifier tenant sa vengeance dans ses mains :

Sa vengeance à la mai7i, elle n'a qu'à résoudre,

Un mot du haut des cieux fait descendre le foudre. {Ibid., m, 1.)

MAISON. ÊTRE DANS LA MAISON DU ROI, être OU prisou :

Je vous trouve, monsieur, dans la maison du roi!

Quel charme, quel désordre, ou quelle raillerie

Des prisons de Lyon fait votre hôtellerie? {Suite du Ment., i, 1.)

— ÊTRE DE MAISON, être d'uuc bonne famille :

Vous êtes, à vrai dire, un peu bien dégoûté;

Clarice est de maison, et n'est pas sans beauté. {Le Ment., lu, 5.)

A la fin du siècle, l'abus de cette locution la fit ranger parmi les manières de parler affectées :

Connoissez-vous leurs biens, leurs emplois, leurs familles? M"" JOSSE. Leurs familles? Eh fi! Perdez-vous la raison? Les voudrois-je souffrir s'ils n'éloient de maison? Qui vous fait présumer en moi tant de foiblesse? Famille est bourgeoisie, et maison est noblesse. Je vous les garantis nobles; c'est un grand point.

(BouKSAULT, Les Mots à la mode, m.)

MAITRE A, suivi d'un infinitif, qui excelle à :

Vous seriez un rjrand maître à faire des romans. {Le Ment., i, 5.)

Le P. Petau est un homme docte et en réputation de grand antiquaire, et qui

donne son témoignage après avoir examiné les raisons et connu l'auteur du Ger-

sénisme , l'abbé Caiétan , pour un fourbe et maître à faire des suppositions en

faveur de son ordre. {Lett. au P. Doulard, 23 avr. 1652.)

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