‹ Lexique comparé de la langue de Corneille et de la langue du 17e siecle en généralChapitre 198 sur 344 · RETENUE. — RETOUR · texte numérisé non relu

RETENUE. — RETOUR

Corneille, dans sa dernière édition, a mis :

Et par un prompt dégoût empêchent qu'il n'y fonde Ou son amour ou son espoir.

On a dit comme lui :

Et met paine jour et nuit à le retenir qu'il ne aille point. {Les quinze Joyes île mariage, la douz. joye.) — Je ne puis me retenir que je ne vous dise que, si vostre corps est sain, vous avez l'esprit bien malade. (Larivey, Le Laquais, m, 3.)

RETENUE, fig., action de retenir, en parlant du bras :

Mon bras, dont ses mépris forçoient la retenue.

N'eût plus considéré César, ni sa venue. [Pomp., ii, 4.)

RETIRER EN ARRIÈRE, faire retourner en arrière :

Une chose, il est vrai, fait souvent balancer.

Attiédit en plusieurs l'ardeur de s'avancer,

Et dés le premier pas les relire en arrière. (Imii., i, 25.)

— RETIRÉ, part, passé, esprit retiré, qui vit dans la retraite :

Celte fausse joie Qu'il emprunte en passant de l'entretien d'aulrui, Repousse d'autant plus celle que Dieu n'envoie Qu'aux esprits retirés qui n'en cherchent qu'en lui. [Imit-, i, 10.)

Notons dans un auteur du même temps un autre emploi trèspoétique de retiré :

Que pendant ces discords j'ay de fois désiré

, Ce repos retiré.

De qui tant de grands saints nous ont monstre l'exemple!

(Racan, Psaum,, xxvi.)

' RETOMBER, abs. et fig., retomber dans un mal :

Cent fois en moins d'un jour je guéris et retombe. {Pulcli., ii, 1.)

— retomber dans sa CHAINE, pour signifier redevenir captif:

Ainsi ce fugitif retombe dans sa cliaîne,

Et vous pouvez, seigneur, ordonner de sa peine. [Penh., v, 4.)

— retomber dans les fers d'une femme, au sens moral, pour dire se rengager dans une passion :

Prince, vous savez mal combien charme un courage

Le plus frivole espoir de reprendre un volage,

De le voir malgré lui dans nos jers retombé

Échapper a l'objet qui nous l'a dérobé. ^Lu Toi',, d'or, ii, 5.)

' RETOUR A, fig., action de retourner, de revenir à, en parlant d'un sentiment, retour a la joie :

Il est soutenu (le second acte) de la seule narration de la moitié du combat

RETRACTER. — RETRIBUTION. 285

des trois frcres, qni est coupée Irès-houreusement pour laisser Horace le père dans la colère et le déplaisir, et lui donner ensuite un beau retour à la joie dans le quatrième. Exam. d'Uor.)

— Corneille offre, dans un sens analogue, une belle et vive alliance de mots :

Ridicule retour d'une sotte vertu. (Rodog., v, 1.)

Nos grands écrivains présentent d'autres emplois frappants de ce mot qu'on peut rapprocher de celui qu'en a fait Corneille :

Retours importuns de l'habitude. (Bourd., Serm. sur la jréq. comrn., u.)— Par un retour heureux de courage et de vertu. (Napoléon, dans les Mém. de M. de Baussel.)

— RETOUR, changement, vicissitude, funeste retour :

Mais comme la fortune est souvent journalière,

Il en faut redouter de funestes retours.

Ou se mettre en état de triompher toujours. [La Tois. d'or, i, 2.)

— METTRE A RETOUR, obliger à payer de retour :

En quoi que mon service oblige votre amour,

Vos seuls remerciements me mettent à retour. (La Veuve, v, 1.)

Si ces brûlants désirs, qui vous sont ordinaires,

Vous donnent quelque espoir de me mettre à retour.

Croyez-moi, cent soupirs souvent ne pèsent guère,

Et n'emportent qu'à peine un demi-grain d'amour.

(T. Corn., L'Amour à la mode, i, 1.)

RÉTRACTER une offre, la retirer, la désavouer :

Et nous craignons de plus une amante irritée

D'une offre en moins d'un jour reçue et rétractée. [Olli., iv, 1.)

RETRAITE, faire la retraite, comme on à\i faire retraite, pour signifier se retirer :

Je t'attendois, ami, pour/ajre la retraite. [La Suiv., i, 7.)

— De même, faire sa retraite :

Ce n'étpit qu'un prétexte k faire sa retraite. [La Gui. du Pal., ni, 9.)

RÉTRIBUTION, au plur., dans le sens de récompense, de retour :

C'est à cette extraordinaire et admirable piété, madame, que la France est redevable des bénédictions qu'elle voit tomber sur les premières armes de son roi; les heureux succès qu'elles ont obtenus en sont les rétributions éclatantes, et des coups du ciel, qui répand abondamment sur tout le royaume les récompenses et les grâces que Votre Majesté a méritées. (PoL, A la reine régente.) Tel qu'à celle (la table) d'un roi se sied un mendiant, Qui n'ayant rien d'égal à de si hautes grâces,

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