‹ Lexique comparé de la langue de Corneille et de la langue du 17e siecle en généralChapitre 227 sur 344 · SUJET. — SUPERBE · texte numérisé non relu

SUJET. — SUPERBE

— SUIVRE POUR, suivre comme :

Ils suivent en tous lieux, comme bêtes slupides,

Leurs sens pour souverains, leurs passions pour guides. {Imit., m, 12.)

— SUIVRE, tij;., comme accompagner :

Ce bonheur a suivi leur courage invaincu,

Qu'ils ont vu Rome libre autant qu'ils ont vécu. (Hor., m, 6.)

— SUIVRE, continuer, suivre un entretien, un discours :

Vous suivrez ailleurs de si doux entreliens. [Tliéod., v, 7.)

Adieu, quelqu'autre fois nous suivrons ce discours. [Tiie et Bér., m, 3.)

On a dit de même avant Corneille :

Ayant un peu repris hdAexne^ je suivis mon propos. (Montluc, Comment., vu.)

— SUIVRE SA VENGEANCE, la pouFsuivre :

Peut-être aura-t-il peine à suivre sa vengeance. {Sophon., i, 2.)

C'est dans le même sens qu'on trouve suivre un dessein, pour signifier le poursuivre :

Les premières dilDcultés ne le rebutent point, il suit avec constance un dessein que le ciel lui a inspiré. (L'abbé Choisy, Disc, de récept. à l'Acad.)

SUJET, adj . , dans le sens de soumis :

Mais afin qu'il reçût un entier déplaisir

Il faudroit que nos cœurs n'eussent plus qu'un désir,

Et quitter ces discours de volontés sujettes.

Qui ne sont point de mise en 1 état où vous êtes. (Mél., ii, 8.)

SUJET , subst. , jnotif. n'avoir plus sujet de , suivi d'un substantif :

Je naurois plus sujet d'aucune inquiétude,

N'étoit que... [Sophonisbe, ii, 4.)

— SUJET DE RISÉE, avcc uu adjcctif posscssif. FAIRE ses sujets de RISÉE de quelqu'un :

Ce doit vous être assez de m'avoir abusée,

Sans faire encor de moi vos sujets de risée. [La Suiv. , v, 3.)

— BON SUJET, en parlant d'une ville :

Corinthe est bon sujet, mais il veut voir son roi,

Et d'un prince éloigné rejelteroit la loi. [Méd., ii, v.)

SUPERBE, subst., orgueil :

Assez et trop longtemps l'arrogance de Rome

A cru qu'être Romain c'étoit être plus qu'homme.

Abattons sa superbe avec sa liberté. [Pomp., i, 1.)

332 SUPPLEER. — SUPPORTER.

« La superbe, dit le commentateur, ne se dit plus dans la poésie noble; il est aisé d'y substituer orgueil. »

Palissot a encore ici raison contre Voltaire : « La superbe nous paraît, au contraire, dit cet écrivain judicieux, un des mots que la poésie noble aurait à regretter. »

Ce terme nécessaire a depuis été repris trop généralement ])Our que nous ayons besoin d'en citer des exemples.

SUPPLÉER A DES FAUTES, Ics Corriger :

Comme les imprimeurs ont eu de la peine à sy accoutumer, ils n'auront pas suivi ce nouvel ordre si ponctuellement qu'il ne s'y soit coulé quelques fautes auxquelles il sera aisé de suppléer. iPréf. de : Le Théâtre de P. Corn., édit. de 168-2.)

SUPPLICE, au pluriel :

Qui s'apprête à mourir, qui court à ses supplices,

IN'abaisse pas son âme à ces molles délices. [Tliéod., iv, 5.)

Notre poëte l'emploie aussi pour châtiment, expiation:

Prévenons, a-t-il dit, l'injustice des dieux,

Commençons à mourir avant qu'ils nous l'ordonnent.

Qu'ainsi que mes forfaits mes supplices élonnent. (OBd., v. 12.)

Cette expression surprend, et elle est tout à fait insolite. Du reste, Corneille se sert souvent de supplice avec le pluriel, au sens moral :

Tandis tu veux donc vivre en d'éternels supplices? [Clii , ii, 4.)

Cependant qu'un rival, ses plus chères délices,

Redouble ses plaisirs en voyant mes supplices. [Ibid.)

Souffrez qu'en autre lieu j'adresse mes services,

Que du manque d'espoir j'évite les supplices. [La Suiv., i. 5.)

Mais faites désormais tout ce qu'il vous plaira :

Puisque vous consentez plutôt à vos supplices

Qu'à l'unique moyen de payer mes services. (La PL Roy., m. 6.)

Suréna. vos services (Qui l'auroit osé croire!) ont pour moi des supplices. [Sur., m, 2.)

— PORTER LE SUPPLICE, comiiie OU dit porter la peine :

Sage en tout, il ne lit jamais qu'un mau\ais choix. Dont longtemps nous et lui ponàiues le supplice.

^Soiinei sur la mort de Louis Xlll.)

SUPPORTER, n'être pas a supporter, avec un nom de chdse, être insupportable :

Ton imporlunilé n'est pas à supporter. {Mél , iv, 1.)

— SUPPORTER, abs., avec de signifiant de la part de :

Comment il faut supporter d'autrui. {Imit., i, 16, éd. 1658.)

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