SUJET. — SUPERBE
— SUIVRE POUR, suivre comme :
Ils suivent en tous lieux, comme bêtes slupides,
Leurs sens pour souverains, leurs passions pour guides. {Imit., m, 12.)
— SUIVRE, tij;., comme accompagner :
Ce bonheur a suivi leur courage invaincu,
Qu'ils ont vu Rome libre autant qu'ils ont vécu. (Hor., m, 6.)
— SUIVRE, continuer, suivre un entretien, un discours :
Vous suivrez ailleurs de si doux entreliens. [Tliéod., v, 7.)
Adieu, quelqu'autre fois nous suivrons ce discours. [Tiie et Bér., m, 3.)
On a dit de même avant Corneille :
Ayant un peu repris hdAexne^ je suivis mon propos. (Montluc, Comment., vu.)
— SUIVRE SA VENGEANCE, la pouFsuivre :
Peut-être aura-t-il peine à suivre sa vengeance. {Sophon., i, 2.)
C'est dans le même sens qu'on trouve suivre un dessein, pour signifier le poursuivre :
Les premières dilDcultés ne le rebutent point, il suit avec constance un dessein que le ciel lui a inspiré. (L'abbé Choisy, Disc, de récept. à l'Acad.)
SUJET, adj . , dans le sens de soumis :
Mais afin qu'il reçût un entier déplaisir
Il faudroit que nos cœurs n'eussent plus qu'un désir,
Et quitter ces discours de volontés sujettes.
Qui ne sont point de mise en 1 état où vous êtes. (Mél., ii, 8.)
SUJET , subst. , jnotif. n'avoir plus sujet de , suivi d'un substantif :
Je naurois plus sujet d'aucune inquiétude,
N'étoit que... [Sophonisbe, ii, 4.)
— SUJET DE RISÉE, avcc uu adjcctif posscssif. FAIRE ses sujets de RISÉE de quelqu'un :
Ce doit vous être assez de m'avoir abusée,
Sans faire encor de moi vos sujets de risée. [La Suiv. , v, 3.)
— BON SUJET, en parlant d'une ville :
Corinthe est bon sujet, mais il veut voir son roi,
Et d'un prince éloigné rejelteroit la loi. [Méd., ii, v.)
SUPERBE, subst., orgueil :
Assez et trop longtemps l'arrogance de Rome
A cru qu'être Romain c'étoit être plus qu'homme.
Abattons sa superbe avec sa liberté. [Pomp., i, 1.)
332 SUPPLEER. — SUPPORTER.
« La superbe, dit le commentateur, ne se dit plus dans la poésie noble; il est aisé d'y substituer orgueil. »
Palissot a encore ici raison contre Voltaire : « La superbe nous paraît, au contraire, dit cet écrivain judicieux, un des mots que la poésie noble aurait à regretter. »
Ce terme nécessaire a depuis été repris trop généralement ])Our que nous ayons besoin d'en citer des exemples.
SUPPLÉER A DES FAUTES, Ics Corriger :
Comme les imprimeurs ont eu de la peine à sy accoutumer, ils n'auront pas suivi ce nouvel ordre si ponctuellement qu'il ne s'y soit coulé quelques fautes auxquelles il sera aisé de suppléer. iPréf. de : Le Théâtre de P. Corn., édit. de 168-2.)
SUPPLICE, au pluriel :
Qui s'apprête à mourir, qui court à ses supplices,
IN'abaisse pas son âme à ces molles délices. [Tliéod., iv, 5.)
Notre poëte l'emploie aussi pour châtiment, expiation:
Prévenons, a-t-il dit, l'injustice des dieux,
Commençons à mourir avant qu'ils nous l'ordonnent.
Qu'ainsi que mes forfaits mes supplices élonnent. (OBd., v. 12.)
Cette expression surprend, et elle est tout à fait insolite. Du reste, Corneille se sert souvent de supplice avec le pluriel, au sens moral :
Tandis tu veux donc vivre en d'éternels supplices? [Clii , ii, 4.)
Cependant qu'un rival, ses plus chères délices,
Redouble ses plaisirs en voyant mes supplices. [Ibid.)
Souffrez qu'en autre lieu j'adresse mes services,
Que du manque d'espoir j'évite les supplices. [La Suiv., i. 5.)
Mais faites désormais tout ce qu'il vous plaira :
Puisque vous consentez plutôt à vos supplices
Qu'à l'unique moyen de payer mes services. (La PL Roy., m. 6.)
Suréna. vos services (Qui l'auroit osé croire!) ont pour moi des supplices. [Sur., m, 2.)
— PORTER LE SUPPLICE, comiiie OU dit porter la peine :
Sage en tout, il ne lit jamais qu'un mau\ais choix. Dont longtemps nous et lui ponàiues le supplice.
^Soiinei sur la mort de Louis Xlll.)
SUPPORTER, n'être pas a supporter, avec un nom de chdse, être insupportable :
Ton imporlunilé n'est pas à supporter. {Mél , iv, 1.)
— SUPPORTER, abs., avec de signifiant de la part de :
Comment il faut supporter d'autrui. {Imit., i, 16, éd. 1658.)