‹ Lexique comparé de la langue de Corneille et de la langue du 17e siecle en généralChapitre 234 sur 344 · TARIR. — TEINTURE · texte numérisé non relu

TARIR. — TEINTURE

Je l'avois bien jugé, qu'un intéiêt d'amour

Fermoit ici vos yeux aux périls de ma cour;

Mais je croirois me faire à moi-même un outrage,

Si je vous obligeois d'y larder davantage. {OEd., i, 2.)

Ces héros prirent terre à Lemnos, dont étoit roine Hypsipile, et où ils lardèrent deux ans. Exam. de la Tois. d'or.]

On trouve de même :

A son réveil, le roi la vint voir, qui n'y tarda guère; car, dans ce moment, il falloit qu'il allât au conseil. (M^^de Motteville, Mém., 1666.)

Vous craignez qu'Agrippine adresse ici ses pas :

Rassurez-vous, seigneur, je n'y larderai pas. iBours., Germanicus , di, 3.;

— TARDER A LA RUE, rester longtemps dans la rue :

Je dois attendre ici le chef de l'entreprise ;

S'il lardoil à la rue, il seroit reconnu. (L'Illus., iv, 2.)

— IL ME TARDE QUE... NE, suivi d'uu indicatif:

Qu'il me tarde déjà que dans son sang trempées

Elles (les épées) ne me font voir a mes pieds étendu

Le seul qui sert d'obstacle au bonheur qui m'est dû. [Clii., i, 6.)

Pour pouvoir expliquer cette phrase assez singulière, il faut donner le sens dg pai-ce que^ au que qui complète l'idée exprimée par il me tarde.

TARIR, act., faire tarir, sécher, en parlant de larmes :

Apaisez vos soupirs et tarissez vos larmes,

Contre ma volonté ce sont de foibles armes. (L'Illus., corn., m, 1.)

— TARIR LE COURS DE, au fig. Emploi très-hardi :

Peuple, fais voir ta joie à ces divinités,

(Jui vont tarir le cours de tes calamités. {La Tois. d'or, prol., se. iv.)

TATER (se) , se sonder soi-même :

S'il aime sa grandeur, il hait la perfidie ;

Il se juge en autrui, se taie, s'étudie. {Pomp., m, 1.)

TEINT. UN TEINT d'Éclat, un teint éclatant, brillant :

L'argent dans le ménage a certaine splendeur

Qui donne un teint d'éclat à la même laideur. {MéL, i, 1.)

Boileau a dit, par imitation :

L'or même à la laideur donne un teint de beauté. [Sat., vni.)

TEINTURE, fig. n'avoir aucune teinture d'hu.manité :

Il faudroit qu'ils n'eussent aucune teinture d'humanité, si une clémence si peu attendue ne dissipoit toute leur haine. (Deuxième discours.)

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