‹ Lexique comparé de la langue de Corneille et de la langue du 17e siecle en généralChapitre 304 sur 344 · CHAMP. — CHANGER · texte numérisé non relu

CHAMP. — CHANGER

CHAMP. DONNER LES CHAMPS, commc on dit donner la cU des champs.

Ajouter :

Donner les champs se disait souvent dans l'ancienne langue, au propre et au figuré :

Lors nos chevaliers après avoir esté les longes à leurs oiseaux leur douèrent les champs. (Fauchet, Aniiq. rjaul., 2« vol., v, 18.)

On trouve aussi redonner les champs :

Je ne prens guère besle en vie , à qui je ne redonne les champs. ( Mo.ntaig.ne Ess., liv. Il, ch. 11.)

CHANGER, act., au sens n^oral, faire changer. Ajouter cet exemple :

Mais tout ainsi que je ne dois espérer de te changer, aussi ne faut-il pas que tu penses de me rendre autre que je ne suis. (D'Urfé, l'Àsirée, ii, 9.)

— CHANGER UN AMANT, le quitter pour un autre. On a dit après Corneille :

Vous pouvez le changer, vous pouvez le haïr ; Mais vous joindre à Clotaire, Elvire, et le trahir, C'est le dernier effet d'une âme foible et basse.

(M°" DE ViLLEi)., Le Favori, iv, 1.)

On disait de même changer une maîtresse, pour changer de maîtresse :

On a droit de changer un objet adorable,

Quand on ne luy voit point de raison ny d'amour.

(M°'<' DE La Suze, Recueil de pièces galantes, t. iv, p. Î3.3.)

— SE CHANGER, pour signifier changer de sentiments.

Au lieu de : nous n'avons pas rencontré d'exemple de cet emploi, lire :

Se changer se rencontre fréquemment avant Corneille, et même de son temps, pour signifier changer de sentiments, ou changer de conduite :

Se tu meclz ta paix en aulcune personne pour ton plaisir ou consolacion y trouver et avoir, tu seras tousjours instable et empesché, pource que souvent les personnes se c/iaN(/f7« et faillent. [Iniern. consol., n, xxxxii, Bibl. eizev.) Toutesfois esprouver le vouldrois bien si leur amour est stable^

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