VOILE
veuve ou veufve, qui rime avec neuve et fleuve, et non pas avec trefve.
« M. de Malherbe,
G combien lors aura de veuves La gent qui porte le tuil)an!
Que de sang rougira les fleuves Qui lavent les pieds du Liban!
4 On conserve 1'/ à veuf, mais je crois qu'il la faut ôter à veuve et à veuvage. Quelques-uns écrivent encore yew/ye, mais peu écrivent veufvage. »
VOILE, s. m., pour désigner la voile d'un vaisseau.
Voile, dans cette signification, se rencontre au masculin, même après Corneille; nous l'avons montré. Cependant Vaugelas s'était prononcé pour le féminin , quoiqu'il « vît une infinité de gens qui faisoient ce mot masculin, et disoient il faut caler le voile, les voiles enflez. » [Remarque CCCCXXXII.)
Tli. Corneille ajoute plus affirmativement :
« On dit caler la voile, et non pas le voile ; les voiles enflées par le vent, et non pas enflez. En ce sens il est toujours féminin. >^
D'ailleurs, les bons auteurs du seizième siècle le faisaient euxmêmes habituellement féminin :
Recouldre et rapiécer les vieilles voyles. (Gcill. du Bellay, Prol, rfe< Ogdoades.)