LICENCE. — LICENCIEUX
pies. (Retz, Méin., i.) — Rien ne conduit plus directement ni plus promptemcnt à rinlidélité et au libertinage de créance que le libertinage des mœurs. (Bourd., i'e?->n. pour le 3* di)n. après l'Épipli., n.) — La foi de cet apôtre ne peut être suspecte, et le libcrliiiatje le plus défiant n'a rien à lui opposer, fid., Panég.de S. Thomas, ii.) — Vous me faites toujours de la peine aux récréations ; vous n'y avez jamais de liberté ni d'ouverture; vous vous éloignez, vous n'entrez point en conversation, vous y êtes comme une .personne du monde qui dédaigne cette simplicité de couvent qui fait rire à l'heure ordonnée; le libenimuje ne peut soulTrir une telle docilité, mais je puis vous répondre, moi qui connais l'un et l'autre, qu'ils n'ont point dans les plus grands plaisirs où ils s'abandonnent la joie, la paix et la douceur d'une bonne religieuse qui rit d'un rien. (.M'"= de Maintenon, Leii- hist., à M""* de Jlonlfort, mars 1692.)
LICENCE, avec le pluriel, en parlant de détails, de peintures déshonnètes dans les compositions théâtrales :
Purger notre théâtre des ordures que les premiers siècles y avoient comme incorporées, et des licences que les derniers y avoient souffertes, ilmii., Ëpîlre au pape Alexandre YII.)
LICENCIER (se), pour signifier prendre des libertés, des privautés auprès d'une femme :
Ce vermillon nouveau qui colore la joue
M'invite expressément ixme licencier. [Clit., v, 3, l"' éd. jusqu'à 1644 inci.)
LICENCIEUX, en termes de beaux-arts , qui renferme une licence non autorisée, qui est plus libre que les règles ne le permettent :
Quant à l'unité du lieu, je n'en trouve aucun précepte ni dans Arioste, ni dans Horace. C'est ce qui porte quelques-uns à croire que la règle ne s'en est établie qu'en conséquence de l'unité du jour, et à se persuader ensuite qu'on le peut étendre jusque's où un homme peut aller et revenir en vingt-quatre heures. Cette opinion est un peu licencieuse; et si l'on faisoit aller un acteur en poste, les deux côtés du théâtre pourroient représenter Paris et Rouen. [Trois. Disc.)
On a dit d'une manière analogue :
Il s'opiniâtra fort longtemps avec un nommé M. de La Loy à faire des sonnets licencieux. (Rac.\n, Mém. pour la Vie de MalU.) — Entre cette prononciation licencieuse et irréguliére que l'usage a introduite dans l'entretien familier, et la prononciation des prédicateurs et autres orateurs, il y a une moyenne qui n'est ni tout à fait si licencieuse que celle de la conversation, ni tout à fait si régulière que celle du barreau et de la chaire; et cette prononciation moyenne est celle qu'observent les comédiens et ceux qui lisent bien quand ils lisent haut. (Sai.nt- RÉAL, De la Cril., c. 12.)
Licencieux, avec un nom de chose, s'employait pour ti^op libre en général :
Isis répondit à cette déclaration un peu trop licencieuse par un silence et par une action qui, sans désespérer Zéphyre, lui conseilloient d'user plus modestement de sa bonne fortune. (Gomberv., Cyih., \'^ p., 1. m.)