‹ Lexique comparé de la langue de Corneille et de la langue du XVIIe siècle en général (volume 2)Chapitre 102 sur 389 · BRIGAND. — BRILLANT · texte numérisé non relu

BRIGAND. — BRILLANT

grand nombie que de emq cemt. Il est >Tai qu'en terme de gaerre on n'appelle trigade que ce qui est pris d'un plus grand corps ; et quelquefois on peut appeler briçadt la moitié d'une année que l'on détache pour quelque effet; mais, en terme de poésie, on prend brigade pour uoitpe, de quelque façon que ce soit. >

BRIGAND, adj., avec le fém. troupe brigande :

Tiaitre, qui te fais fort d'une troupe brigande.

Je te choisirai bien au milieu de la bande. [VlUut., m, 9.)

BRIGUER, act. briguer qlelquYxN, tâcher de le gagner par des brigues :

Non, seigneur, croyez-moi^ n'allez point au sénat.

De vos hauts faits pour vous laissez parler l'éclat.

Qu'il sera glorieux que sans briguer personne

Ils fassent à vos pieds apporter la couronne ! {f^ulch,, i, 3.)

On a dit comme Corneille, avant et après lui :

Les Macédoniens retournèrent derechef à leur façon de faire accoutumée , les satrapes à briguer et flatter les soudards, et les soudards à faire les audacieux et braves en grand mespris de leurs capitaines. (Ahtot, Fim, Euméne.)— 11 ne se proposa pas la prédication comme un moyen de se distinguer, ou comme un chemin pour arriver aux dignités de l'Église. On ne le vit pas briguer des auditeurs pour lui applaudir. (yLÊCH., Panég. de S. Bern., i.)

BRILLANT, subst., et au fig., éclat :

Est-il vrai, grand monarque, et puis-je me vanter, Que tu prennes plaisir à me ressusciter? Qu'au bout de quarante ans^ Cinna, Pompée, Horace, Reviennent à la mode et retrouvent leur place; Et que l'heureux brillant de mes jeunes rivaux N'ôte point le vieux lustre à mes premiers travaux?

(Réméré, au roi en 1667 . ) Et si de ce néant vous prenez avantage, Au moins l'ai-je rendu si beau, si glorieux, Qu'il vaut bien le brillant d'une suite d'aïeux. (T. Corn., Dor., n, 3.)

— BRILLANT, au plur., pour désigner les ornements brillants du style :

Aristote dit qu'il y a des absurdités qu'il' faut laisser dans un poëme, quand on peut espérer qu'elles seront bien reçues, et il est du devoir du poëte en ce cas de les couvrir de tant de brillants, qu'elles puissent éblouir. (Exam. du Cid.) » Combien cette naissance, cachée sans besoin et contre la vérité d'une histoire connue, lui a-t-elle dérobé de choses plus belles que les brillanu dont il a semé cet ouvrage I(Deujc. dise.)

Sur mon théâtre ainsi tes vertus ébauchées

Sèment ton grand portrait par pièces détachées,

Les plus sages des rois comme les plus vaillants

Y reçoivent de toi leurs plus dignes brillanu,

{Au roi, sur son retour de Flandre.)

i02 BRISER. — BROUILLER.

BRISER, mettre en pièces, employé pour ajouter à l'idée de rompre, rompre, briser des chaînes :

Forcez, rompez^ brisez de ii konieuies chaînes. (iVtcom., i, 9.)

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