‹ Lexique comparé de la langue de Corneille et de la langue du XVIIe siècle en général (volume 2)Chapitre 155 sur 389 · COUPER. — COURAGE · texte numérisé non relu

COUPER. — COURAGE

Qn'est-ce-cy, Fabian, quet nouveau coup de foudre

Tombe sur mon bonheur et le réduit en poudre? (Po/., iv, 6.)

Il n'en faudroit pas tant, seigneur, pour vous résoudre

A lancer sur ma têle un dernier coup de foudre. (Tiie et Bér,, \\ î.)

— COUP DE VENT, subUme emploi au fig. .

Il m'dte des périls que j'aurois pu courir,

Et, sans me laisser lien de tourner en arriére,

Sa faveur me couronne entrant dans la carrière ;

Du premier coup de vent il me conduit au port ,

Et, sortant du baptême, il m'envoie à la mort. [Pol., iv, 3.)

— COUP DE MALHEUR, emplové dans le style tragique comme dans le comique :

Cependant que vous lui rendez compte.

Je vais voir mes parents, que ce coup de malheur, A mon occasion accable de douleur.... [La PL Roy., v, 9.)

Apaise, ma Chiméne, apaise ta douleur.

Fais agir ta constance en ce coup de malheur {Le Cid, ii, 3.)

— ENCORE UN COUP, cncorc une fois. Locution employée plusieurs fois par Corneille, comme elle Test souvent par Racine, par Bossuet :

Ëcoute, je suis bon, et malgré ma colère,

Je veux encor un coup montrer un cœur de père,

Je veux encor un coup pour toi me hasarder. [Le Ment., v, 3.^

Allez, encor un coup, allez en d'autres lieux

épargner par pitié cette gène à mes yeux. {Agés.t v, 3.)

Vivez, encor un Coup, c'est moi qui vous l'ordonne. (ÛEd., i,4.)

Madame, encor un coup, souffrez que je vous aime. {Oth,, ii, %y

Voltaire a critiqué cette expression chez Racine :

Encor un coup, allons, il n'y faut plus penser. {Biren., ii, 2.)

« Encore un coup^ » dit-il, est une façon de parler trop familière et presque basse, dont Racine fait trop souvent usage. »

COUPER. Corneille a changé un peu la locution usuelle : Couper la parole à quelqu'un :

La honte de parottre en un tel équipage

Coupe ici ma parole, et l'élouffe au passage. <• (C/i<., iv, 5.)

COURAGE. Ce substantif s'emploie souvent pour cceur; mais

généralement c'est plutôt Yanimus latin que le synonyme exact

du mot français cceur. Corneille s* en sert plusieurs fois dans cette

dernière signification :

Et l'amour, qui ne put «entrer dans son courage.

Voulut obstinément loger sur son visage. [MéLf i, \ ^

iôi COURAGE.

Oa ta te plains à faux, on paissammeDt épris

Ton eottrage demeure insensible aux mépris. (CliV., n, 4.)

Jamais le désespoir qui saisit son eottrage

N'en put tirer an mot à mon désavantafe. {La Gai, dm Pal., m, 4.)

Qu'il se mette à loisir s'il peat dans son couragt ;

Un moment de ma rue en efface l'image. {La Suiv.f i, 6.)

Hélas ! c*est en effet bien flatter mon eottrage.

D'accommoder son sens aux désirs de mon âge. {Ibid,, u, 6.)

Il aime ses enfants, ce courage inflexible. {Méd., lu, 4.)

Qa'a pa faire de moindre on courage amoureux? 'JMd., \, 5.)

Si TOUS l'aimez, monsieur, croyez qu'en son courage

Elle vous aime assez pour vous laisser ce gage. ( 5iiife dm Mem.t m, 3.)

Sans l'avoir jamais vu, je connois son courage.

Qu'importe après cela quel en soit le visage?

îont le reste me plaît si le cœur en est haut.

Et si rame est parfaite, il n'a point de défaut. {Ibid., iv, -2.)

Je fais ici, monsieur, l'amour de bon courage ;

Au lieu de m'y troubler, allez en faire autant. {Ibid,, v, 2.)

De tous deux Rodogune a charmé le courage. [Bodog., i, 5.)

Apaisez ce courage irrité, princesse. {Ibid., iv, 1.)

Que tu pénétres mal le fond de mon courage!

Si je verse des pleurs, ce sont des pleurs de rage. [Ibid., iv, 5.)

Le trouble qui souvent déchire mon courage

N'y feroit pas ce grand ravage

Avec tant de facilité. [Imii,^ m, 33.)

0 Dieu tout bon, Dieu tout-puissant, Défends-moi des soucis où cette vie engage.

Qu'ils n'enveloppent mon courage

D'un amas trop embarrassant. [Ibid., m, 26.)

Combien dois-je encor attendre?

Jusques à quand tardes-tu, 0 Dieu tout bon, à descendre

Dans mon courage abattu? {Ibid., iii, SI.)

Ahl seigneur, c'est tout perdre et livrer à sa rage Tout ce qui de plus prés touche votre courage. {Nicom., v, 5.)

J'aurois en ma faveur le courage bien bas.

Si je fuyois des maux que vous ne fuyez pas. [CEd., i, 1.)

C'est à l'heur du retour que leur courage aspire, Et non pas à l'honneur de me faire un empire. {La Toii, d*or, i, 5.) Mais dés qu'un père parle, il porte en mon courage Toute l'impression qu'il faut pour obéir. {j^gét.» i, 3.)

On trouve, chez des écrivains de toute date, le mot courage dans le sens de amr, ou dans le sens plus large de animus, spécifié et déterminé en bien ou en mal par le contexte ou par une épithète :

Li rois aperçoit bien l'anior Que ses fias a vers Blanceflor :

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