‹ Lexique comparé de la langue de Corneille et de la langue du XVIIe siècle en général (volume 2)Chapitre 175 sur 389 · DÉNATURÉ. — DÉNIER · texte numérisé non relu

DÉNATURÉ. — DÉNIER

Les emplois dans ce sens étaient fréquents et variés :

Invincible héros, dont la gloire infinie A des héros passés la mémoire ternie, Et d'un puissant effort les Titans abattus; Tutélaire démon que la France a fait naistre, Souffre encore une fois que ma muse champestre Consacre ses chansons à les rares vertus.

(AoAM BiLLiUT, Ode à Mgr le eard. de Ricket.) Que l'honneur de mon prince est cher aux destinées ! Que le démon est grand qui lui sert de support I

(Malh., 5ofiR. à Jf. le Dauphin.) Beau parc et beaux jardins qui, dans votre clôture, Avez toujours des fleurs et des ombrages verts, Non sans quelque démon qui défend aux hivers

D'en effacer jamais l'agréable peinture. (Id., Sonn. sur Cabtenee, etc.) Tu fus toujours depuis son démon tutélaire. (Racan, Ode à M, de Delleg.)

Ce démon de savoir Dont la terre sembloit être au ciel obligée.

(Id.y Soini., sur la mort de Du Perron.) Divin Balzac, qui par tes veilles Acquiers tout l'honneur de nos jours.

Grand démon de qui les discours Ont moins de mots que de merveilles, Dieu qui, vivant avecque nous.

As rendu l'Olympe jaloux

Et toute la terre estonnée. (Id., Od., à Balzac.)

Les conseillers flamands, craignant l'abord de Ximenès, ce puissant démon d'Ëtat. l'empeschoient de sortir de Flandre. (Mézer., Hitt, de France, vi. François I«', 1515.)

Jadis de tous les Grecs le démon tutélaire.

Aujourd'hui triste objet de toute leur colère. (Cahpistr., Aleib., y, 1.)

DÉNATURÉ, avec un nom de chose, monstrueux, qui révolte la nature :

Horace ne veut pas que nous y hasardions lesévénemenu trop dénaiuréit comme de'Médée, qui tue ses enfants. [Exam, d^Horaee.)

DÉNIER, act., nier :

Je ne dénierai point, puisque vous les savez,

De justes sentiments dans mon &me élevés. [Rodog,, v, 4.)

->^ DÉNIER UN SECOURS, le rcfuser :

Pnis-je, sans étouffer la voix de la nature.

Dénier mon secourt aux tourments qu'il endure? {La PU Aoy., i, 1.)

On a dit d'une manière analogue :

Cherchons dans un couvent, hors de la tyrannie,

Le repos assuré qu'un frère me dénie, (BoisaoB., La folle Gageure, t, 4.)

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