‹ Lexique comparé de la langue de Corneille et de la langue du XVIIe siècle en général (volume 2)Chapitre 218 sur 389 · ELECTION · texte numérisé non relu

ELECTION

ELECTION, choix, choix de cœur :

L'ardeur qu'allame en nons une flamme si pure....

Vieot sacrifler à votre élection

Toute DOtre espérance et notre ambitiou. {fMog., m, 4.;

« Élection ne peut être employé pour choix^ dit Voltaire. Élertion d'un empereur, d'un pape, suppose plusieurs suffrages. »

Corneille a employé plusieurs fois élection dans le sens critiqué par son commentateur :

Je viens vdns faire voir que votre affection

N'a pas été fort Juste en son éUclion, {Méi., iv, S.)

Vous la forcez vous-même à cette éteeiio»,

Je suis ie ses amours le témoin oculaire. [La Yeupe, m, 7.)

Telle est l'humeur du sexe, il aime à contredire.

Rejette obstinément le joug de notre empire.

Ne suit que son caprice en ses affections,

El n'est jamais d'accord de nos électioM, (Vlltus. eom., m, S.)

— ÉLECTION, choix, CD général :

Dérober Andromède à celte iUciion^

C'est dérober sa mère à sa punition. [Anârwm,^ i, 2.)

Plusieurs excellents auteurs, avant et après Corneille, se sont de même servis A' élection dans le sens de cîujix en général, et sans aucune idée de plusieurs suffrages :

Mais pour ce qu'en toutes langues y en a de bons et de mauvais, je De veux pas (lecteur) que, sans éUciion et jugement, tu te prennes au premier venu. (Du Bill., lUtutr. de ta lang. Jr,, ii, 5.)

Nous avons de vous trois fait une éteakm,

Suivant le mouvement de notre affection. (L.-C. Discbit, Atit,, iv, S.) Et ceux-cy, faisant leur d/eciioii pour la gloire, dressent leurs pièges et tendent leurs toiles en des lieux spécieux, relevés, rares et illustres. (S. Fa. db Salbs, luirod. d la vie dévole, )^Les preuves que le public a déjà reçues de la sagesse et de la probité de H. le chancelier, ne me permettent pas de craindre que sa conduite ne réponde i l'éclat de ses ancêtres, à la splendeur de sa charge, et à VétaefioN de son prince. (La Maist., Piaid,, xxziu.) —Soit qu'il voulût tenir sa parole CD minant êbb affaires, soit qu'il les remit en la violant, il était toujours réduit k une déplorable ékaiou, ou de hasarder son Etat pour être fidèle, ou de manquer à son honneur pour demeurer roi. (Bals., Le Prince, c. xv.) — Ce liea« embelli d'une eau extrêmement claire, et fortifié de la même «au , raisonnable^ ment profonde , me parut digne de Véteciion d'un homme qui ne veut point de commerce avec le monde. (Id., Entrei,, vi.j — Tant de captifs volontaires, qui renoncent à la libellé, et qui s'enferment par étectwn et par conseil (délibération). (Id., t6Mf., xxii.)

Mon cour n'étant pas libre en cette é/ec/ioti. (Racan, Berg,^ iv« 1.}

Pour le seul Àlcidor je veux mourir et vivre.

C'est celui dont mon cœur a fait élection. (Id., tM«. v, S«)

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