‹ Lexique comparé de la langue de Corneille et de la langue du XVIIe siècle en général (volume 2)Chapitre 221 sur 389 · ÉLOIGNER · texte numérisé non relu

ÉLOIGNER

(ternes, que cette façon de parler,» dît, pour s^justification^^riiculière, Ménage, que l'on avait repris d'avoir dit dans son Oiseleur :

« Si bientôt Cintensibie éloignoit cet beaux lieux. »

(Observ, sur la tang. franc,, l** p., c. 148.)

Les «eicBmples pourraient être multipliés à rinfini ; quelquesuns de diverses dates suffiront :

Quant li duï baron se furent deitfié,

Li uns eslonge l'autre un arpent mesuré. {Qui de Bourg., v. 2374.)

Trouva sa dame, qui monta sur son cheval et picqua fort, tant qu'ilz eurent

eêloingni la place. (Les Cent Nouv, du roi Louis XI j xcviii.) ~ Incontinent il vous

eslongera et querra autre part son aventure. (Us Êvang* des Qwen., édit. Jann..

Car qui d'amours ne vent prendre le ply.

Et a désir de fuyr le danger

De son ardeur, pour tel mal estranger,

Besoin luy est d'esiongner la personne,

À qui son cœur énamouré se donne. (Cl. ILourr, Le Temple de Cup.)

Le texte est celui de la révision que Marot fit de ses Œuvres en 4598. Dans l'ancienne édition gothique de'f5^5, on lisait :

Car, comme dit le bon pocte ennobli, Se désir as de fuir le danger D'ardent amour, et du tout l'estranger, Ëslongne-ioi de la dame ou personne. A qui du tout ton loyal cœur se donne.

Éloigner quelqu'un^ pour signifier le fuir, était donc plus élégant que s'éloigner de quelqu'un^ puisque Marot a cru devoir corriger : Éloigne-toi de la perscmne^ en éloigner la personne :

Clément Marot a dit encore :

Mon devoir veut qn'et/on^ne votre face.

Désir me veut près de vous retenir. (Blég., x\.)

Le peuple ne vouloit pas que Pompéius eslongnast de gueres loin 'la ville de Rome. (Amtot, Vies, Crassus.)

Le roy, comme un P&ris, affolé d'une Hélène, Du feu cbaud de l'amour portant son ftme pleine, . Sstimoit presque moins perdre sa royauté, Que de sa dame amie éloigner la beauté. (Baïk, Poém., u JD^^XéoU.) Je n'ay vu qu'à regret la beauté du soleil, Depuis qu'en soupirant ysioiguay ce bel œil. (SiKRTAUO, Stanc. )

Éloignant vos beautés, je vous laisse en ma place.

lion cœur....

Mais quand je suis forcé d* éloigner votre vue....

(Dbsport., Am.de Diane, i, Sonnet uu.)

Mais il DM faut baster, qu'il n*e$longn€ l»bois.

(LasmiflE, la tfomv.trmgi^emm, )

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