‹ Lexique comparé de la langue de Corneille et de la langue du XVIIe siècle en général (volume 2)Chapitre 251 sur 389 · ETALER · texte numérisé non relu

ETALER

Les Êeol. , t, 6.; — J'ay bien délibéré de luy faire voler la teste de dessus les espaoies, et futt-ce un César ou Charleinagne. (Tournbbu, Les Contetu^ ii, 4.)

Vous-même en deviendriez, je le gage, amoureux;

On ne s'en peut sauver, eifûi-on tout de glace. (La Font., VEun.,Y, 4.)

Faites-moi donc auteur, ei ne fût-ce qu'en prose.

(BoissT, Le Médee. par ikecatiom, iT, 4.)

On trouve, d'une manière analogue, avec d'autres verbes que l'auxiliaire être :

Je suis résolu, ei dut»é~je veiller toute nuict, d'entendre quelque ehose de ce mystère. (Lariv., Les EcoL, v, i.) — Je veux employer toute ma puissance pour le retirer de leurs pattes, et dussé-je tout gaster. (Id., ibid., v, 8.) — Je scay que changerez d'advis, et Veussiet-vous juré mille fois. (Id., Les Tromper. ^ i, 4.)

— ET, séparé de deux subst, auxquels il se rapporte :

En ce lieu Rome a vu le premier parricide ;

La suite en est à craindre, et la haine des cieux. (Ifor., v, 2.^

Albe le veut, et Rome, il faut leur obéir. (/Aitf., ui, 6.)

Ressouviens-t'en, volage, et des chastes douceurs

Qu'un mutuel amour répandit dans nos cœurs. (Im ToU. d'or, m, 3.)

Et s'employait souvent ainsi à distance du premier substantif» ou du mot qui en tient la place, comme nous employons ainsi que r

Le sieur de Trapador s'est trouvé coulpable, et a eu la teste tranchée, et quelques autres gentilz-hommes. [Lett. miss, de Henri IV, t. m, p. 728.}— Les truites y sont admirables et les saumons du Rhin. (Pklliss., Lett, Aûf., 18 od. 1681.)— Il luy a fait couper la teste et à un grand nombre de ses subjets. (Tavirn. , Yoif. des Ind. , i . 4.) — La partie fut remise au lendemain, au commencement de la nuit, où elle devoit l'introduire dans le jardin de fleurs de la maison de.Périclés, sur lequel l'appartement d'Aspasie avoit une partie de ses vues, et l'autre sur la mer. (H*" db Villbo., Les Amours des grands hommes, Alcibiade.}

Ce dernier exemple est plus particulier, et est elliptique.

— Et sert souvent à faire d'autres phrases elliptiques, comme la suivante :

Ce mal leur semble moindre, et moins rudes ses coups.

Voyant que tout l'honneur en retombe sur nous. [Hor,, v, 3.)

ÉTALER. Emplois remarquables au figuré :

Quelque ravage affreux qu'étale ici la pesle.

L'absence aux vrais amants estencor plus funeste;

Et d'un si grand péril l'image s'offre en vain.

Quand ce péril douteux épargne un mal certain. (Œd,, i, l.>

Si ce trésor par vous ne m'est point accordé.

Mon bras me punira d'avoir trop demandé.

Et mon sang à vos yeux sur ce triste rivage

De vos justes refus'étalera C ouvrage. [La Toû. iTor, ii, ft.)

Surtout ce privilège acquis aux grandes &mes,

De changer à leur gré de maris ou de femmes,

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