‹ Lexique comparé de la langue de Corneille et de la langue du XVIIe siècle en général (volume 2)Chapitre 302 sur 389 · GLAÇON. — GLISSADE · texte numérisé non relu

GLAÇON. — GLISSADE

Et j'attends de pied ferme à reprendre ma place

Qu'il ne soit plos en toi de retrouver ta glace. {La Smi9», i, 3.)

Le brait vole déjà qu'elle est pour toi sans giaca, {iàid., rr, 6.)

Ce soir j'ai bien la mine, en dépit de ta gUtce^

D'en trouver là cinquante à qui donner ta place. (£ii PI, ffoy., m, %,)

Et je verrai toujours votre cœur plein de ytece.

Mon tyran impuni, ma rivale en ma place. {Sert., ui» 3.)

Il me parla d'amour sans me donner d'ennui,

Je ne m'aperçus pas que je parlois à lui.

Je ne lui pus montrer de mépris ni de gUwe, [Bar., i, 2.)

Elpinice pour moi montre une telle gktee,

Que je me tiendrois sûr de son consentement. {^gét., i, 4.)

— De même avec le plur. :

Clarimond cependant, pour /ontfre tant de glace».

Tâche par tous moyens d'avoir mes bonnes grâces. (La Suip., lu, 6.)

— LA GLACE DES ANS, pour Ics glaccs de Tftge :

C'est tout ce que dit ans me peut souffrir la glace*

{Au roi, êwr son reiour de Flandre.)

— UN CORPS TOUT DE GLACE, pour désigner wi TieiUard dont le sang est glacé par les années :

Et toi, de mes exploits glorieux instrument.

Mais d'un corps tout de glace inutile ornement,

Fer, jadis tant à craindre, et qui dans cette offense

M'as servi de parade ettion pas de défense. {Le Cid, i, 4.}

Corneille dit encore, par la plus poétique image de mots :

Je vous ai vu combattre et commander sous moi.

Quand l'âge dans mes nerfs a fait couler sa glace. {Le Cid, i, 3.)

GLAÇON, fig., la glace d*un cœur insensible :

Dissipe mes glaçom par cette beuteuse flamme

Qu'allume ton amour. {Imit., iv, 16.)

— DES GLAÇONS, dos cœurs froids comme la glace :

Ecoute, j'en ai vu de toutes les façons.

J'en ai vu qui sembloîent n*étre que des glaçom.

Dont le feu retenu par une adroite feinte

S'allumoit'd'autant plus qu'il souffrait de contrainte. (If^/., m, 8.}

GLISSADE, fig., faux pas, au sens moral :

Rodrigue suit ici son devoir sans rien relâcher de sa passion. Chiméne fait U même chose à son tour, sans laisser ébranler son dessein par la douleur où elle se voit abîmée ; et si la présence de son amant lui fait faire quelque faux pas, c'est une gliuade dont elle se relève à l'heure même. (Esam. du Cid.)

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