‹ Lexique comparé de la langue de Corneille et de la langue du XVIIe siècle en général (volume 2)Chapitre 367 sur 389 · IMPUR. — IMPUTER · texte numérisé non relu

IMPUR. — IMPUTER

IMPUR, subst., ce qui est impur, impureté :

Par là de toat Vimpmr U soaillare s'efface. (Intl., ui, 53.)

Et que rembrasemeDt d*ane flamme si pure

Eflkce toat Vimptar dont to me Tois taché. *lbid., it, 9.)

IMPUTER A, estimer, juger, regarder comme :

Et a voala taxer de légèreté une action qui /m imputée à grandeur de courage par ceux qui en fnrent les témoins. (Le Cid, aYertiss.)

— IMPUTER A, avec un régime indir. de persoime; mot à mot, compter à..., comme...

Et Cinna vouf imptue à crime capital

La libéralité Ters le pays naul! (Ctn., ii, 1.)

Mais d'aToir cm mon âme et si foîble et si basse,

(}n'elle pût m'imputer votre hymen à disgr&ce. [Sopkou., m, 3.)

— De même avec le pronom réfléchi, régime indirect :

Et je m'imputoii même à trop de vanité

De trouver entre nous quelque inégalité. [Héracl.t m, 1.)

Cette locution, aujourd'hui d'un usage restreint, s* appliquait autrefois à des cas bien plus nombreux , conmie les exemples suivants le montreront :

Il crut en Dieu, et il lui/ui imputé à justice. (Saiht Paanç. de Salis, De Comomr de l>ieu, i, 11.)

Peuple qui me veux mal, et m*impuiet à vice

D'avoir été payé d'an fidèle service.

Où trouves-tu qu'il faille avoir semé son bien,

Et ne recueillir rien? (Malh., Stane., 1596.)

Imputer non à louange, ains à une aflection... (Pasq.» Leu,, vu, 13.) — ITinpulei point mon ignorance à outrage. ( Yaogel., Trad, de Quinte^Curee, v, 2. ) — Il manda au prince qu'il ne falloit plus différer; et qu'il luy tmpitttroti à peu de ecBur, s'il remettoit la partie à une autre fois. (Gohbbrv., CyiAer., t, 3.) — Puisque par vostre incomparable indulgeance je me trouve en possession de cette gloire, ne m* imputez pas s'il vous plaist à effronterie, si je prends la hardiesse de vous en demander la continuation. (Id., itid», u, S.) — Le saint docteur traite d'aveugles et d'impies ceux qui ne veulent pas reconnoltre que la religion soit une chose où l'on ne peut jamais ôler, ni ajouter, ni changer, en quelque temps que ce soit : le ministre impute, au contraire, à aveuglement et é impiété de n'y vouloir point connottre de changement ni de progrés. (Boss., Prem, aven, aux proiesl,) — Cette entreprise par laquelle vous prétendez vous honorer ne vous fera pas imputée à gloire par le Seigneur notre Dieu. (Id., Poiit., vii, 5.)

— IMPUTER, avec le pron. pers., dans le sens passif:

Rabattez cet orgueil, faites-lui soupçonner

Que vous vous en piquez jusqu'à l'abandonner,

La crainte d'en voir naître une si juste suite,

A vivre comme il faut l'aura bientôt réduite,

Elle en fuira la honte, et ne souffrira pas

Que ce change ê'impute à son manque d'appas. [La Gai. duj^at., ui, 1.)

rNCORPORER. — INDICE. 38<

Si unt d'amonr ponr voas s'impute à trop d'audace.

Il faut un peu de temps pour en obtenir grâce. {Sophan,^ s, 1.)

L'obstacle qu'à son feu vous auriez apporté,

S" imputant d ma baine, enfleroit sa fierté. (T. ConN., Thiodat, i, 2.)

*- IMPUTER, avec le pron. pers., régime indirect :

Craignez que Yalamir ne soit moins scrupuleux,

Qu'il ne s'impuu pas à tant de barbarie,

D'accepter à ce prix son illustre Honorie. (Aiu, iv, 4.)

— IMPUTER POUR, comme imputer à :

Sauvez-moi du désordre où ma bonté m'expose,

Et dn moins par pitié dites-moi quelque chose ;

Aceusez-moi plutôt, seigneur à votre tour,

Et m'impui» pour crime un trop parfait amour. (Tiie et Dér., m, 5.)

On trouve d'une manière analogue, mais avec un devant le substantif :

On ne peut pas imputer pour une faute au procureur constitué , ou autre préposé, si dans la discussion de l'affaire qui lui est commise, comme de transiger on poursuivre en justice, il ne recherche pas jusqu'aux dernières subtilités pour rintérét de celui qui l'a préposé. (Domat, Loit civ„ 1^ p., liv. i, tit. 15, sect. 3,5.)

— IMPUTER A..., DE (un infin.), reprochera..., de:

Endurer que l'Espagne impute à ma mémoire

D'avoir mal soutenu l'honneur de ma maison ! {Le Cid., i, 6.)

INCORPORER DANS, fig., faire entrer d'une manière étroite dans, faire prendre une part intime à :

La liaison des scènes semble, s'il m'est permis de parler ainsi, incorporer Sabine dane cette pièce; au lieu que dans le Cid tontes celles de l'infante sont détachées, et paroissent hors d'œuvre. {Exam. dHor.)

INDÉPENDANT, yeux indépendants du coeur, dont Texpres-* sion ne trahit pas les sentiments du cœur :

Et que de votre cœur vos yeux indépendants

Triomphent comme moi des troubles du dedans. (Oth,, i, 3.)

INDICE, dans le sens de rapport, délation, preuve, comme le latin indicium :

Apprends de leurs indices L'auteur de l'attentat, et l'ordre et les complices. (Pomp., ^v, 4.)

Hais tel bras n'est à nous, que jusques à demain. Si vous rompez le coup, prévenez les indices.

Perdez Sertorius, ou perdez vos complices. {Serior., i, 1.)

Puisque de ce forfait vous avez des indices, J'étois accompagné, je livre mes complices,

Qu'ils viennent... (T. Gorn . , Perj. ei Déméir, , ii, 3.

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