‹ Lexique comparé de la langue de Corneille et de la langue du XVIIe siècle en général (volume 2)Chapitre 370 sur 389 · INEXORABLE ENVIE · texte numérisé non relu

INEXORABLE ENVIE

D'une trop juste ardeur Vinexorable envie

Lui fait abandonner le souci de sa vie. (MAL, i, 5.)

INEXPUGNABLE, avec un régime :

Que les plus beaux objets qui soient dessus la terre

Conspirent désormais à me faire la guerre ;

Ce cœur inexpugnable aux assauts de leurs yeux

N'aura plus que les tiens pour maîtres et pour dieux. {L'ilius. eoni., v,4.)

A répoque de Corneille, Tusage de ce mot indispensable n'était pas encore parfaitement établi, témoin cette observation de

INFAME. — INFINITIF. â83

Ménage : t Pour ce qui est d'inexpugnable , on peut s'en servir, non-seulement dans le discours familier, mais dans le style sublime. H. Chapelain s*en est servi plus d'une fois dans la Pucelle, et H. du Périer vient de remployer dans un sonnet sur les conquêtes du roi dans la Hollande » :

On les vit traverser les plus lointaines plages, De lears fiers ennemis soutenir les efforts; Et ceints de toutes parts d^inexpugnables forts, Se faire redouter aux plus fermes courages.

[Obt. sur ta Lang.Jranç., S< p., c. Lxxziv.)

Cependant ce mot était déjà ancien dans la langue. Amyot, Palma Cayet et d'autres, s*en sont servis au seizième siècle ou au commencement du dix-septième. On le trouve employé dans Etienne Pasquier avec le sens d'invincible :

Ce guerrier tnexpu^na^/^ est mort. (!«»., iv, 20.)

INFAME, avec un régime indirect de personne :

Avise , et si tu crains qu'il le fût trop infâme

De remettre l'empire en la main d'une femme. (UéracL, i, S.)

Voltaire fait cette remarque un peu puriste :

« Corneille emploie souvent ce mot avise; il était très-bien reçu de son temps.

• < Qu'il te fût infâme ^^ n'est pas français; la langue permet qu'on dise : € Cela

p'est honteux , » mais non pas cela m'est infâme. Et cependant on dit : « Il est

infâme à lui d'avoir fait cette action. » Toutes les langues ont leurs biiarreries

01 leurs inoonséquences. »

Le poète doii-il donc être si méticuleux; et n*est^ce pas assez de se conformer parfaitement à Tanalogie?

Voyez IMMOBILE a.

INFAMIE, l'infamie de , suivi d'im infinitif :

Je ne crains point la mort, mais je hais Vin/amie

D'en recevoir 1» loi d'une main ennemie. {Oih,, u 3.)

INFIDELE, avec un nom de chose, inexact :

Est-ce donc vous, seigneur, et les bruiu infidèles

N'ont-ils semé de vous que de fausses nouvelles? (Perth., iii, 4.)

INFINITIF, employé pour sujet, comme si c'était im substantif:

Et partiitre à la cour eût hasardé ma tète. {U Cid, iv. 34

L'Académie, dans ses Sentiments sur le Cid^ a vu là un solécisme; suivant elle « il fallait dire, c'eût été hasarder ma tête, car

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