‹ Lexique comparé de la langue de Corneille et de la langue du XVIIe siècle en général (volume 2)Chapitre 55 sur 389 · ARRÊTER · texte numérisé non relu

ARRÊTER

ARRÊTER, fig., retenir, enchaîner, captiver :

Je ne recherche plus la damnable origine De cette aveugle amoar où Placide s'obstine. Cette noire magie, ordinaire aux chrétiens,

VarréUi indignement dans vos honteux liens. {Théod., n, 5.)

Tous ne prétendiez point m*arréier dans vos fers. (Rac. Àndr., iv, 5.) Ils ont rompu les liens les plus forts, qui depuis longues années les arréioiau, (BouBo., Serm, sur ta CharUi env, les nouv, cathoL)

— ARRÊTER, fixer, cmpècher de se livrer à des entraînements légers :

Je cherche à Varréur, parce qu'il m'est unique, • Et je brûle surtout de le voir sous vos lois. (Menu, ii, 1}

— ARRÊTER, borner, avec un adverbe de lieu :

La haute vertu, dans un naturel sensible à ces passions, qu'elle dompte sans les affuiblir, et à qui elle laisse toute leur force pour en triompher plus glorieusement, a quelque chose de plus touchant, de plus élevé et de plus aimable, que celte médiocre bonté, capable d'une foiblesse et même d'un crime, oà nos anciens éloient contraints d'arrêter le caractère le plus parfait des rois et des princes dont ils faisoient leurs héros. [Examen du Cïtf.)

Le trouble de mon cœur ne peut rien sur mes larmes.

Et. parmi les soupirs qu'il pousse vers les cieux,

Ma constance du moins régne encor sur mes yeux.

Quand on arrête là les déplaisirs d'une âme,

Si l'on fait moins qu'un homme, on fait plus qu'une femme. [Hor., i, 1.)

On trouve d'une manière analogue avec dans :

(^.eux qui airestent toutes leurs pensées dans le présent. (Arn. d'Andillt, Lett. 18*2.)

— ARRÊTER A, bomer à, suivi d*un infinitif :

Et moi dorénavant j'arrête mon envie

A ne servir qu'un prince à qui je dois la vie. (C7tf., v, 1.)

— s'arrêter dans, être renfermé dans les limites de :

Je souhaiterois, pour ne point gêner du tout le spectateur, que ce qu'on fait représenter devant lui en deux heures se pût passer en effet en deux heures, et que ce qu'on lui fait voir sur un théâtre qui ne change point pût s'arrêter âmu une chambre, ou dans une salle, suivant le choix qu'on auroit fait. {Trois, Dmc.)

— s* ARRÊTER CHEZ, se fixcr sur :

Et mon affection ne s*est point urrêiét:

Que chez un cavalier qui l'a trop méritée. {Mii», ïïw, S.)

— ARRÊTER, neutre, s'arrêter :

Arrêtez donc, Seigneur, Et s'il faut prévenir un mortel déshonneur,

Recevez-en l'exemple, et jugez si la honte... [Otk., i, 4..

Noas ne voulons point arr^ier. (Boss., Polit., ix, 1.)

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