‹ Lexique comparé de la langue de Corneille et de la langue du XVIIe siècle en général (volume 2)Chapitre 60 sur 389 · ASCENDANT · texte numérisé non relu

ASCENDANT

Et ce qu'en quelques-uns on voit d'attachement

N'est qu'un faible ascendant d'un premier mouvement. (/io(i., ii, 2.)

L'illustre commentateur de Corneille prodigue les paroles de critique contre cet emploi d^ascendant :

« N'est qu'un faible ascendant d'un premier mouvement » est impropre ; Cascendont veut dire ici la supériorité ; un mouvement n'a pas d'ascendant. On ne peut s'exprimer ni avec moins d'élégance, ni avec moins de correction , ni avec moins de netteté. »

La pensée du poëte est : Ce qu'on voit d'attachement en quelques-uns n'est que le résultat du pouvoir qu'a sur eux un premier mouvement, une première impression. Le mot osc^e/an^ avec sa signification de supériorité, par conséquent de pouvoir, paraît ne pas être si impropre ici que l'a cru Voltaire.

ASPIRER, être aspiré, en parlant de la prononciation des lettres :

Cette lettre se rencontre au commencement des mots, ou au milieu, ou à la fin. Au commencement, elle aspire toujours; soi, sien, sauver, suborner. {PréJ. du Tliéûl. de P. Corn., édil. 1682.)— Entre deux voyelles, elle passe toujours pour z, et après une consonne elle aspire toujours. [Ibid.)

— ASPIRER A (un subst.), tendre ardemment à :

Je suis chrétien, Néarque, et le suis tout à fait ;

La foi que j'ai reçue aspire à son effet. [PoL, ii, 6.)

— ASPIRER A, en parlant d'une chose défavorable, avec un subst. ou un infin. :

Et monté sur le faite, il aspire à descendre, (Cinna, ii, 1.)

Je consens, ou plutôt y aspire à ma rutne. {PoL, iv, 2.)

Puisque je suis coupable aux yeux de l'iDJustice,

Je fais gloire du crime, et '}' aspire au supplice, [Théod. . ii , 5.)

Je vous avouerai plus, seigneur, loin d'y souscrire,

Elle en prendra pour vous une haine où f aspire.

Un courroux implacable, un orgueil endurci,

Et c'est par où je veux vous arrêter ici. [Sertor., iv, 2.)

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