DÉNIER LA VÉNÉRATION
Au lieu de sanctifier notre théâtre par sa représenution, nous y profanerions la sainteté de leurs souffrances, si nous permettions que la crédulité des uns et la défiance des autres , également abusées par ce mélange , se méprissent également en la vénération qui leur est duo , et que les premiers la rendissent mal 4 propos à ceux qui ne la méritent pas, pendant que les autres la dénieroieni à ceux à qui elle appartient. [PoLt Abr. du mart. de S. Pol.)
— SE DÉNIER, dans le sens pass. de être refusé :
Toute liberté donc à mon choix te dénie ! {La Feuve, iv, 9.)
— Absol., nier :
Qu'il accuse par là César de tyrannie,
Qu'il approuve sa mort, c'est ce que je dénie. (Cin-t »• ^0
— Suivi de la préposition de et d'un infinitif:
Ponr n'être que Carlos, vous parlez bien en maître,
Et tranchez bien du prince, en déniant de fêire. (D. Sancke, iv, 2.)
DÉNOUER (se) , en parlant de la langue, se délier :
Elle a le cœur trop bon, mais ses gens ont des mains,
Et bien que sur ce point elle les désavoue.
Avec un tel secret leur langue se dénoue^
Ils parlent, et souvent on les daigne écouter. {Le Ment.^ iv, 1.)
DÉPART. FAIRE UN DÉPART DE, au sens moral, pour signifier
quitter :
Je bais, je régne encor. Laissons d'illustres marques;
En quittant, s'il le faut, le haut rang des monarques.
Faisons-en avec gloire un dépari éclatant,
Et rendons-le funeste à celle qui l'attend. {Rodog.f ii, 1.)
Ces vers sont assez mal venus. On ne peut guère reprocher à Voltaire d'en porter ce jugement :
« Faisons-en avec gloire un départ éclatant...
est barbare. Faire un départ, n*est pas français; en avec révolte
Foreille. »
DÉPARTIR, accorder :
Il est vrai que du ciel la prudence infinie
Départ à chaque peuple un différent génie. (Cift., ii, 1.)
Corneille remploie aussi sans régime indirect :
C'est moi seul qui dépars la solide science. {Imit,f m, 43.)
— SE DÉPARTIR DE, quitter :
Que s'il ne se départ D'une place chez nous par surprise occupée, Je ne le trouve point sans une bonne épée. {La Yeuve^ m, 7.)