DÉPLORÉ. — DEPUIS
Prêt à suivre partout le déplorable Oreste. (Racine, Androm,y i, l.)
Il y a partout do quoi rire elMe quoi pleurer. Le inonde est ridicule et j'en ris. Il GSidéploralfle, et vous en pleurez. (Fkn., Dial. det morts, i, 3.)
La dernière édition du Dictionnaire de r Académie a enregistré cett^ acception de déplorable avec cette observation ; « Il se dit quelquefois des personnes , eu poésie et dans le style sou* tenu. »
Les grammairiens du dix-huitièrao siècle , se conformant aux
décisions des premières éditions du Dictionnaire de l'Académie^
proscrivaient ce sens si naturel et si nécessaire par sa brève
énergie.
« Déplorable, dit l'abbé d'Olivet, est un mot qui ne s'applique qu'aux choses ; et le Dictionnaire de V Académie en avertit expressément. Il y a cependant d'autres endroits où Racine l'applique à des personnes, et même dans ses dernières * tragédies. C!u&nd une faute ne se trouve qu'une seule fois dans un auteur, il est naturel de la croire l'effet d'une simple inadvertance, qui ne prouve rien. Mais si l'expression est répétée dans des ouvrages différents, et qui ont été faits à dix ou douze ans l'un de l'autre, cela prouve que c'était une expression avouée par l'auteur : et dés lors, quand il s'agit d'un auteur tel que Racine, il est toujours à propos d'observer quelles soot les manières de parler qui onA pu ne lui pas déplaire, quoique l'usage ne les eût pas autorisées. » {Rem, sur Racine, xxxv.)
DÉPLORÉ, déplorable, sort déploré :
Je vous aurois peut-être alors considéré
Plus que ne m'a permis un sort si déploré. (p,Sunche, m, 1.)
Votre sort est fâcheux, mais non pas déploré.
Puisque vous rencontrez un asile assuré. (T. Corn., Le Rerg. extr,^ m, 4.)
— PÉCHEUR DÉPLORÉ, comme pécheur désespéré :
Ces méchants endurcis, ces pécheurs déplorés, {Imit,, iv, 8.)
DÉPLORER, avec un nom de personne, pleurer sur :
La gloire de ce choix leur est si précieuse
Et charme tellement leur âme ambitieuse»
Qu'alors qu'on les déplore ils s'estiment heureux
Et prennent pour affront la pitié qu'on a d'eux. {Uor., m, 2.)
DÉPOUILLER L*HOMME, se dépouiller des faiblesses de Thumanité :
Mais y ai dépouillé fkomme, et Dieu m'a secouru. {Théod., v, 3.)
C'est une expression de la langue ecclésiastique.
DEPUIS QUE, dès que, du moment que, dès là que :
Mais un amant fâcheux, soit de jour, soit de nuit. Toujours à contre-temps à nos yeux se produit,
» Phèdre, II, 2, 67. — Athalie, 1, 1, 149.