‹ Lexique comparé de la langue de Corneille et de la langue du XVIIe siècle en général (volume 3)Chapitre 230 sur 366 · ÉTERNITÉ · texte numérisé non relu

ÉTERNITÉ

— ÉTAT, estime, cas :

Quoi! c'est là toutlViai que tu fais de mes fenx? (Mél . i, 5.)

C'est donc là tout Yitat que tu fais d'Hippolyte?

Après des vœux offerts, c'est ainsi qu'on me quitte ! (La Gai, du Pal,^ u, 7.)

Par un secret instinct que je ne puis nommer,

J'en fais beaucoup d'éiaf, et ne le puis aimer. (VIUus, corn,, m, 1.)

Avez-vous su Vétat qu'on fait de Curiace,

Ma sœur? [Hor,, ii, 4.)

Je vais comme au supplice à cet illustre emploi,

Je maudis mille fois Véiat qu'on fait de moi. (Ilnd,, se. v.)

Et ne fais point A' état de sa possession.

Si je n'ai point de part à son affection. {Ibid., m, 1.)

Et s'il en est un prix dont vous fassiez iiaif

Donnez-moi les moyens d'être un peu moins ingrat. [Sur., m, 3.)

On voit comme le poëte varie heureusement une locution des plus usuelles au dix-septième siècle.

— FAIRE DE L*ÉTAT, commc faire état :

FnUes-ende Pétat, il est vaillant lai-méme;

Il commandoit sous moi. {L'Illus, eom., lu, 10.)

— FAIHE ÉTAT DE (un infin.) , compter de :

Sinon, sur mes sujets ya//e« ^fa< cfavoir,

Ainsi que sur moi-même, un absolu pouvoir. [Mid,, iv, 5.)

— FAIRE ÉTAT DE (UU SUbst.) , COmptCF SUF !

Adieu, JaUes étai de mon humble service. {La Suiv., v, 4.)

— FAITES ÉTAT EN MOI d'un FRÈRE, voycz CD moi un frère, regardez-moi comme un frère :

Eu moi doTéDSL\&n{ Jaites éiai d'un frère. cLiTANDRE à Rosidor. En moi d'un serviteur dont l'amour éperdu

Ne vous conteste plus un prix qui vous est dû. {ClU,, v, 5.)

— LAISSER EN QUELQUE ÉTAT DE (uu infiu.), commc OU dirait laisser en quelque facilité de :

J'y mourrai sans regret, si mon dernier moment

Vous laisse en quelque étal de régner sûrement. (Sophon,^ i, 4.)

ÉTERNITÉ, au plur. :

Ah ! combien ces moments de quoi vous me flattez,

Alors pour mon supplice auroient d'éternités! {HéraeL, m, 1. )

Suivant Voltaire, «on n'a jamais dû, dans aucune langue, mettre le moi d'éternité au pluriel, excepté dans le dogmatique, quand on distingue mal à propos Tétemité passée et rétemité à

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