ETOUFFER. — ÉTREINTE
Quoi I déjà votre foi s'affaiblit et s'étonne? (Racinb, Aïk,, i, 9^
Le monstre aa môme instant tire son coutelas.
L'en frappe, et dans le flanc l'enfonce avec farie.
Le sang coale ; on t'itonnct on s'avance, on s'écrie. (Volt., La J7eiir.,v.>
— ÉTONNÉ, stupéfait, frappé de stupéfaction :
Le destin se déclare, et nous venons d'entendre
Ce qu'il a résolu du beau^pére et du gendre.
Quand les dieux étonnés sembloient se partager,
Pbarsale a décidé ce qu'ils n'osoient juger. {Powtp., i, 1.)
cLiTON. Ce ton de voix enfin avec cette parole? LISE. Ah ! c'est là que mes sens demeurent étonnés;
Le ton de voix est rare, aussi bien que le nez. {SuUe du Meni., i, 2.)
Vous me quittez! à ciel ! Mais, Lise, soutenez,
Je sens manquer la force à mes sens étonnés. {tbid.^ v, 3.>
ÉTOUFFER, fig. ÉTOUFFER LE DEUIL, comme on dit étouffer le chagrin :
L'éclat qu'a répandu le bonheur de ses armes,
A vos yeux éblouis ne permet plus de larmes,
11 sait les détourner des horreurs d'un cercueil,
Et la peur d'être ingrate étouffe votre deuiL [La lois, d'or^ i, 1.)
ÊTRE, V. IL n'est que telle chose, il n'est rien de tel que, cela seul convient :
Pour perdre des amants celles qui s'en affligent
Donnent trop d'avantage à ceux qui les négligent,
// n*est lors que la joie; elle nous venge mieux. {Met., m, 5.)
— IL n'est que de , il n'y a plus que tel parti à prendre :
L'éclat d'un tel affront l'ayant trop décriée,
// n*esi à son avis que d'être mariée. (5ictfe du Menu, i, 1.)
ÉTREINTE, au fig. :
D'un seul de ses regards l'adorable contrainte
Me rend tous mes liens, en resserre Vétreinte, [Mél., i, 1.)
Et lors d'un sacré nœud l'inviolable étreinte^
Tirera notre appui d'où parloit notre crainte. (La Tois, d^or, i, 2.)
« EsWl possible, dit Mercier dans sa Néologie, que ce vieux mot, si fréquemment nécessaire, si expressif, ait été presque banni? Les étreintes de la nature sont indissolubles. Il y eut, au premier aspect, une douce étreinte entre nos deux âmes. Celui-là se sépare de la vertu, et même de l'humanité, qui redoute Vétreinte de la reconnaissance. »
Ce substantif indispensable est redevenu, à notre époque, d'un usage très-fréquent.