‹ Lexique comparé de la langue de Corneille et de la langue du XVIIe siècle en général (volume 3)Chapitre 233 sur 366 · ETOUFFER. — ÉTREINTE · texte numérisé non relu

ETOUFFER. — ÉTREINTE

Quoi I déjà votre foi s'affaiblit et s'étonne? (Racinb, Aïk,, i, 9^

Le monstre aa môme instant tire son coutelas.

L'en frappe, et dans le flanc l'enfonce avec farie.

Le sang coale ; on t'itonnct on s'avance, on s'écrie. (Volt., La J7eiir.,v.>

— ÉTONNÉ, stupéfait, frappé de stupéfaction :

Le destin se déclare, et nous venons d'entendre

Ce qu'il a résolu du beau^pére et du gendre.

Quand les dieux étonnés sembloient se partager,

Pbarsale a décidé ce qu'ils n'osoient juger. {Powtp., i, 1.)

cLiTON. Ce ton de voix enfin avec cette parole? LISE. Ah ! c'est là que mes sens demeurent étonnés;

Le ton de voix est rare, aussi bien que le nez. {SuUe du Meni., i, 2.)

Vous me quittez! à ciel ! Mais, Lise, soutenez,

Je sens manquer la force à mes sens étonnés. {tbid.^ v, 3.>

ÉTOUFFER, fig. ÉTOUFFER LE DEUIL, comme on dit étouffer le chagrin :

L'éclat qu'a répandu le bonheur de ses armes,

A vos yeux éblouis ne permet plus de larmes,

11 sait les détourner des horreurs d'un cercueil,

Et la peur d'être ingrate étouffe votre deuiL [La lois, d'or^ i, 1.)

ÊTRE, V. IL n'est que telle chose, il n'est rien de tel que, cela seul convient :

Pour perdre des amants celles qui s'en affligent

Donnent trop d'avantage à ceux qui les négligent,

// n*est lors que la joie; elle nous venge mieux. {Met., m, 5.)

— IL n'est que de , il n'y a plus que tel parti à prendre :

L'éclat d'un tel affront l'ayant trop décriée,

// n*esi à son avis que d'être mariée. (5ictfe du Menu, i, 1.)

ÉTREINTE, au fig. :

D'un seul de ses regards l'adorable contrainte

Me rend tous mes liens, en resserre Vétreinte, [Mél., i, 1.)

Et lors d'un sacré nœud l'inviolable étreinte^

Tirera notre appui d'où parloit notre crainte. (La Tois, d^or, i, 2.)

« EsWl possible, dit Mercier dans sa Néologie, que ce vieux mot, si fréquemment nécessaire, si expressif, ait été presque banni? Les étreintes de la nature sont indissolubles. Il y eut, au premier aspect, une douce étreinte entre nos deux âmes. Celui-là se sépare de la vertu, et même de l'humanité, qui redoute Vétreinte de la reconnaissance. »

Ce substantif indispensable est redevenu, à notre époque, d'un usage très-fréquent.

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