‹ Lexique comparé de la langue de Corneille et de la langue du XVIIe siècle en général (volume 3)Chapitre 39 sur 366 · CHERCHER SON ASSURANCE · texte numérisé non relu

CHERCHER SON ASSURANCE

Un seul point entre nous met cette différence,

Que mon honneur par là cherche son assurance,

Et qu'à ce même but nous voulons arriver,

Lui, pour flétrir ma gloire, et moi pour la sauver. (Hor., v, 2.)

— PARLER EN ASSURANCE, parler avec confiance :

Ne nous déguisez rien, parlez en assurance, {Œdipe, m, 3.}

On trouve d'une manière analogue :

Marchez en confiance et en assurance (Boss., à M"* du Jfotif, 18 juill. 1693.)

ASSURÉMENT, avec certitude, parler assurément :

Celle dont je les tiens en parle assurément. {La Suiv.<» ii, 9.)

ASSURER, verbe act. assurer son repos, le mettre à Tabri de tout ce qui pourrait le troubler :

y assure mon repos que troublent les regards :

La vertu la plus ferme évite les hasards. {Pol., ii, 4.)

— ASSURER quelqu'un, cousolidcr sa position, sa fortune :

Affermis par ma mort ta fortune et la mienne ;

Le coup à l'un et l'autre en sera précieux,

Puisqu'il l'assure en terre, en m'élevant aux cieux. [Pol., v, 5.)

Dans le même sens, et d'une manière moins particulière, on trouve encore chez Corneille, assurer sa puissance, assurer ma cou ronne. [Pompée, i, 1 .)

— assurer quelqu'un d'une chose, la lui garantir, le nMidro sûr d'en jouir :

Est-ce trop l'acheter que d'une triste vie,

Qui tantôt, qui soudain me peut être ravie,

Qui ne me fait jouir que d'un instant qui fuit,

Et ne peut m* assurer de celui qui le suit! {Pol., tv, 3.>

— s'assurer de (un subst.), compter avec certitude sur :

Et me puisse assurer O'un bien à quoi mes vœux n'oseroient aspirer. (La Keatve, ii, 4.)

— s'assurer de (un infin.], dans le sens d'avoir une confiance excessive :

Qui s'assure de vaincre est aisément vaincu. (/mit., i, 25.)

Page 1