‹ Lexique comparé de la langue de Corneille et de la langue du XVIIe siècle en général (volume 3)Chapitre 59 sur 366 · BANNIR. — BAS · texte numérisé non relu

BANNIR. — BAS

BANNIR, pour signifier faire quitter la compagnie :

Ma maîtresse vous souffre, et l'ingrate me fuit;

Quelque goût qu'elle prenne en votre compagnie ,

Sitôt que j'ai paru, mon abord l'a bannie. {Ultlus. com., ii, 7.)

BANQUEROUTE, faire banqlerolte a, est employé par Corneille d'une manière que Voltaire paraît avoir justement blâmée :

Refais banqueroute à ce fatras de lois. {Le Ment,^ t, l.)

« On disait alors, observe Tillustre commentateur, faire banqueroute, pour abandonner, renoncer, quitter, se détacher, mais mal ii propos ; banqueroute était impropre, même en ce temps-là, dans l'occasion où l'auteur l'emploie. Dorante ne fait pas banqueroute aux lois, puisque son père consent qu'il rencuice à cette profession. »

BARRE, barrière :

Le Bourguignon d'ailleurs sépare leurs provinces,

Et servirait pour nous de barre à ces deux princes. {Auiia, iv, 4.j

BAS. IN OEIL BAS, un œil baissé à terre :

A leurs noms, un grand froid, un front triste, un œil bas.

M'ont fait voir aussitiît qu'ils ne lui plaisaient pas. {Oih., i, 3.)

— METTRE BAS, fig., dépOUillcr *.

Malgré notre surprise et mon insuffisance, Je vous obéirai, seigneur, sans complaisance. Et mets bas le respect qui pourrait m'empécher

De combattre un avis où vous semblez pencher. [Cin., n. 1.)

Croyez-moi, meuez bas l'artifice. (0/A., ii, 5.)

— METTRE BAS LA FIERTÉ, fig., dépouillcr la fierté :

Et j'avouerai, seigneur, que pour mon hyménée

Je crois tenir un peu de Rome où je suis née.

Je ne demande point la pleine liberté,

Puisquelle en a mis bas l'intrépide fierié. {Oth., m, 3.)

— Emploi elliptique remarquable de la môme locution :

DORA.NTE. Je serai cependant aveugle en mon bonheur,

Et d'un si grand bienfait j'ignorerai la source ? CLITON à Dorante. Curiosité bas^ prenons toujours la bourse. (Suite du Ment,^ i, 3.)

— BAS, adv., pour à bas :

El je n'aspirerais au bonheur de vous plaire

Qu'après avoir mis bas un si grand adversaire. [Pomp. , iv, 3.)

La tyrannie est bas, et le sort a changé. (Ibid., ii, 3.)

Unissons-nous ensemble, et le tyran est bas. {Sertor., m, 2.)

Page 1