BRIGAND. — BRILLANT
grand nombie que de cinq cents. Il est vrai qu'en terme de guerre on n'appelle brigade que ce qui est pris d'un plus grand corps; et quelquefois on peut appe> ier brigade la moitié d'une armée que l'on détache pour quelque effet; mais, en terme de poésie, on prend brigade pour troupe, de quelque façon que ce soit. »
BRIGAND, adj., avec le fém. tkoupe brigande :
Tiaiire, qui te fais fort d'une troupe brigande^
Je te choisirai bien au milieu de la bande. [Vllius., m, 9.)
BRIGUER, act. briguer quelqu'un, tâcher de le gagner par des brigues :
Non, seigneur, croyez-moi, n'allez point au sénat.
De vos hauts faits pour vous laissez parler l'éclat.
Qu'il sera glorieux que sans briguer personne
Ils fassent à vos pieds apporter la couronne ! [f^ulch.y i, 5.)
On a dit comme Corneille, avant et après lui :
Les Macédoniens retournèrent derechef à leur façon de faire accoutumée, les satrapes à briguer et flatter les soudards, et les soudards à faire les audacieux et braves en grand mespris de leurs capitaines, (âmyot, Vies^ Eumène.) — Il ne se proposa pas la prédication comme un moyen de se distinguer, ou comme un chemin pour arriver aux dignités de l'Église. On ne le vil pas briguer des auditeurs pour lui applaudir. (Kléçh., Panég. de S. Bern., i.)
BRILLANT, subst., et au fig., éclat :
Est-il vrai, grand monarque, et puis-je me vanter, Que tu prennes plaisir à me ressusciter? Qu'au bout de quarante ans^ Cinna, Pompée, Horace, Reviennent à la mode et retrouvent leur place; £t que l'heureux brillant de mes jeunes rivaux N'ôte point le vieux lustre à mes premiers travaux?
(Réméré, au roi en 1667.) Et si de ce néant vous prenez avantage. Au moins l'ai-je rendu si beau, si glorieux, Qu'il vaut bien le brillant d'une suite d'aïeux. (T. Corn., Dar., ii, 3.)
— BRILLANT, au pluF., pouF désigner Ics ornements brillants du style :
Aristote dit qu'il y a des absurdités qu'il faut laisser dans un poëme, quand on peut espérer qu'elles seront bien reçues, et il est du devoir du poëte en ce cas de les couvrir de tant de brillants, qu'elles puissent éblouir. (Exam. du Cid,) — Combien cette naissance, cachée sans besoin et contre la vérité d'une histoire connue, lui a-t<elie dérobé de choses plus belles que les brillants dont il a semé cet ouvrage! {Deux, dise.)
Sur mon théâtre ainsi tes vertus ébauchées
Sèment ton grand portrait par pièces détachées.
Les plus sages des rois comme les plus vaillants
Y reçoivent de toi leurs plus dignes brillants,
{Au roi, sur son retour de Flandre.)