MO CENT. — CERVELLE
CENT, pour un nombre indéterminé , en parlant de choses morales :
Et si votre vertu poovoit croire mes larmes,
Vous nous épargneriez cem mortelles alarmes. {OEd., ix, 3.)
Ea vain poar me soumettre à ses lâches efforts,
Mon âme a secoué le joug de cent remords, {SerU, i, 1.)
Quand cent troubles m'agitent, Que la haine, Tamour, 1 honneur me sollicitent, Qu'à l'ardeur de punir je m'abandonne en vain, Hélas I suis-je en état de vous donner la main? {Sur,, il. 3.)
CERTAIN, AU CERTAIN, employé comme une sorte de locution adverbiale, pour signifier, d*une manière certaine :
II ne t'est pas aisé de juger au certain
Quel esprit meut ton âme, ou ta langue, ou ta main. [lmU.<, m, 15.)
On a (lit d'une manière analogue, pour tout certain :
En donix regard, en parolle et faconde,
Pour tout certain, je ne scay la seconde;
Et qu'ainsi soit, je le dis et soustien. (R. de Coller, Êpist,, v.)
Pour tout certain^ en un mot résolu.
D'aller vers vous j'eusse faict mon debvoir \
Mais l'accident m'a gardé de vous veoir. (Id., Êpist. à cert. dames.)
CERVELLE, mettre en cervelle, inquiéter^ tourmenter :
Ta curiosité te met trop en cervelle^ [Mél,^ >▼> 1.)
— TENIR EN cervelle :
Je ne te tiendrai point plus longtemps en cervelle, [Mél., m, 3.)
Ces locutions sont trop connues pour que nous en rapportions aucun exemple; mais Corneille a dit d'une manière qui lui est plus particulière :
— être en cervelle :
A sa prière seule, et pour le contenter,
J'écoute cet ami quand il m'en vient conter;
Et pour vous dire tout, cet amant infidèle
Ne m'aime pas assez pour en être en cervelle. (La Siiiv., i, 8.)