CHAPITRE. FAIRE UN HON CHAPITRE, faire une bonne remontrance
L'amour excuse tout dans un cœurenflamméf Et tout crime est léger, dont l'auteur est aimé.
116 CHARGE. — CHARiVIEUR.
Je serois plus sévère, ot tiens qu'à jusie titre.
Vous lui pouvez tantôt en faire un bon chapitre. {Suite du Ment. . iv, 3 J
CHARGE. AUX CHARGES QUE, pouF, à la charge que:
Là j'aurai tout loisir de te le raconter,
Aux charges gu'à mon tour aussi l'on m'entretienne.
Nous n'avons pu rencontrer cette locution ailleurs que chez
Corneille.
CHARGEANT, fig., pesant, lourd, fâcheux :
Je ne vous en chargeai qu'afin de me défaire
D'un entretien chargeant et quim'alloit déplaire. {La Gai, du Pal., ii, 8.)
CHARMANT, subst. le charmant, opposé à Putiie :
Cherche -moi Spitrldate. et l'amène en ce lieu, Et nous verrons après s'il n'est point de milieu
Entre le charmant et l'utile. (Cinna., iv, 4.)
CHARMÉ. PRÉSENT CHARMÉ, pouT désigner la robe que Médée envoya à Creuse, après Tavoir empoisonnée par ses charmes magiques :
Hélas ! vous recevez par ce présent charmé
Le déplorable prix de m'avoir trop aimé. [Méd., y, 5.)
CHARMEUR, adj. :
Quiconque aime l'époux, Cria-t-il, de sa voix trouve l'accent si doux, Que de ses tons charmeurs l'amoureuse tendresse, Sitât qu'il les entend, le comble d'allégresse. {Imit., iv, 17.)
A la première vue un objet qui nous platt N'inspire qu'un désir de savoir quel il est, On en veut aussitôt apprendre davantage, Voir si son entretien répond à son visage, S'il est civil ou rude, importun ou charmeur, Éprouver son esprit, connaître son humeur. (La Gai. du Pal., i, 8.}
Corneille dit de même subst. :
Eloignez quelque temps ce dangereux charmeur. [La Veuve^ ii, 2.)
C'est un des mots nombreux que Corneille gardait de la
langue du seizième siècle :
(Platon) veut que ce soit pareillement l'office de la fortitude combattre à rencontre de la douleur, et à rencontre des immodérées et charmeresses blandices de la volupté. (MoNT.,£«f., m. 13.) — Je m'en vais, lui disoit-il, vous monstrer, et faire voir sans lunettes, si n'estes du tout aveugle, qu'il y a une vertu char^ meuêe cachée es yenx. (Bodchet, Serées^ xix.)
Ou a dit comme Corneille au dix-septième siècle :
Vos yeux, eet beaux charmeurs, avec tout leur éclat,
Ne sont point accusés de tant d'assassinats. (Rotrou, Feue., m, 4.)
CHATOUILLÉ. — CHATOUILLEUX. Ul
CHATOUILLÉ, fig. chatouillé par l'espoir :
Et chaiouilié d'ailleurs par l'espoir qai le flatte
De faire avec plus d'heur la guerre à Hithridate ,
Il brûle d'être à Rome. {Sert., i, 2.)
CHATOUILLEMENT. Corneille emploie plusieurs fois ce, mot au fig., avec de^ suivi d*un substantif :
Souvent même l'esprit de ces pèlerinages
N'est qu'un chatouillement de curiosité,
Et l'attrait qu'a toujours en soi la nouveauté
Vers ce qu'on n'a point vu tire ainsi les courages. [Imit., iv, 1.)
Et que tout autre attrait effacé par le tien
Me laisse abhorrer comme un crime Les vains chatouillements de tout autre entretien. {Ibid.)
— U remploie aussi sans régime , dans le sens de paroles , (rexhortations flatteuses, séductrices :
Va, dangereux ami que l'enfer me suscite,
Ton damnable artifice en vain me sollicite,
Mon cœur inébranlable aux plus cruels tourments
A presque été surpris de tes chatouillements. {Théod., v, 3.)
— UN FAUX CHATOUILLEMENT, pouT Signifier uu faux plaisir :
Et pour l'indigne attrait d'un/aux chatouillement^
Pour un bien passager, un plaisir d'un moment,
Amoureux d'une vie ingrate et fugitive,
Ils acceptent pour l'âme une mort toujours vive,
Où mourant à toute heure et ne pouvant mourir,
Ils ne sont immortels que pour toujours souffrir. (/mû., iii, 12.)
CHATOUILLEUX, fig. chatouilleux mystère , mystère fait pour piquer la curiosité :
L'éclat de ces faveurs dont vous enveloppez
De votre faux secret le chatouilleux mystère,
Dit si baut malgré vous ce que vous penses taire,
Que vous êtes ici le seul que vous trompez. {Àgés,^ m, 4.)
C'est ainsi que le frère de notre poète a dit chatouiller la eutnosité, pour piquer la curiosité :
Et ce n'est après tout que la difficulté Qui chatouille aujourd'hui sa curiosité,
(T. GoRN., Le Charme de la voix, m , 1.)
— IMPRESSION CHATOUILLEUSE, imprcsslon qui remue les sens, impression voluptueuse :
Si j'avais à y exposer celle de David et Betsabée , je ne décrirais pas comme il en devint amoureux en la voyant se baigner dans une fontaine, de peur que l'image de cette nudité ne fit une impression trop chatouilktue dans l'esprit de i'aadit4Sttr. {Exam, de Polifeucte.)