‹ Lexique comparé de la langue de Corneille et de la langue du XVIIe siècle en général (volume 4)Chapitre 161 sur 342 · RANG, — RANGER · texte numérisé non relu

RANG, — RANGER

RANG, fig. PERDRE SON RANG, déchoir de la place qa*OD occupait dans Testime publique :

A force de vieillir un àateur perd son rang,

{Au Boiy sur son retour de Flandre»)

— d'un rang, en parlant d'une chose, pour signifier (Fttne nature :

Quoi que doive on monarque, et dût-il sa cooroimej

U doit à ses sujets encor plus qu'à personne.

n cesse de devoir quand la dette est dun rang

A ne point l'acquitter qu'aux dépens de leur sang, {Pomp., i, l.J

« Une dette est trop forte, trop grande ; elle n'est pas d'un rang à ne point l'acquitter qu'aux... » remarque Voltaire.

L'auteur de l'Examen des fautes de langage dans la tragédie de Pompée a dit aussi : « On ne dit point le rang d*une dette, mais la nature d'une dette. »

Malgré ces critiques, exactes seulement pour Fusage actuel, rang, en parlant d'une chose, s'est dit d'une manière analogue à l'emploi qu'en fait Corneille :

L'authorité de ces tesmoins n'a pas à l'adventure assez de nmg pour tenir en bride. (Montaigne, Ess,, i, 26.)

RANGER, flg., assujettir, captiver :

Un jour qu'il se vantoit de cette humeur- étrange

A qui chaque objet platt, et que pas un ne range,

Et reprochoit à tous que leur peu de beauté

Lui laissoit si longtemps garder sa liberté. (la Sanv., i>

C'est, au fond, la même signification que dans cette Ranger un ennemi, un peuple sous ses lois.

— RANGER sous, assujcttir sous :

France ingrate, tu veux la paix,

Et pour toute reconnoissance D'avoir en tant de lieux étendu ta puissance,

Tu murmures de mes bienfaits.

Encor un lustre ou deux, et sous ses destinées J*aurois rangé le sort des tètes couronnées. (La Toû, dar^ prol., se.

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