‹ Lexique comparé de la langue de Corneille et de la langue du XVIIe siècle en général (volume 4)Chapitre 203 sur 342 · ROYAUME. — SAIGNANT · texte numérisé non relu

ROYAUME. — SAIGNANT

ROYAUME. LE ROYAUME DU GODE, pouF dire les écoles de droit :

Ne vois-ta rien en moi qni sente l'écolier?

Comme il est malaisé qu'au royaume du code

On apprenne à se faire an visage à la mode,

J'ai lieu d'appréhender... {Le Ment., i, 1.)

RUDESSE. VOIR QUEliQU'UN D*UN OBIL DE RUDESSE, à pçu près

comme on dit voir cfun mauvais œil :

Onel plaisir aara-t-il auprès de sa maîtresse,

Si mon fils ne l'y vmi qne d'un œil de rudette.

Si sa mauvaise humeur ne daigne lui parler,

Ou ne lui parle enfin que pour le quereller? [La Veuve, m, 5.)

Cette locution parait singulière, et nous n'en avons pas trouvé d'exemple.

— RUDESSE, employé avec le pluriel dans le style noble :

mJÊéÈâB, reprends, Jason, tes premières rudesses,

Liir eoup m'est bien plus doux que tes fausses tendresses.

{La Tois, d'or, m, 3.)

RUINE. PRENDRE UN CHEMIN POUR SA RUINE, pour se perdre, pour sa perte :

Quel chemin Exupére a pris pour sa ruine ! [HéracL, y, 7.)

Expression qui ne nous parait pas barbare, comme Ta jugée Voltaire.

RUISSEAU. Bel emploi au figuré :

Et combien de ruisseaux coulbrent de mes yeux! {Oor„ i, 1.)

Sa vie à longs ruisseaux se répand sur le sable.

Chaque instant Taffoiblit, et chaque effort l'accable. (iif., v, 6.)

SACRIFICE. FAIRE SACRIFICE, comme sacrifier :

Et je n'ai pas moins qu'elle à rougir d'un supplice

Qui profane l'autel où j'ai /ail sacrifice, {Théod*, lu, 5.)

SAIGNANT, comme sanglant :

Ma main, saignante encor du meurtre de Pélie,

Soulevoit contre moi toute la Tbessalie. {Méd., ii. S.)

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