‹ Lexique comparé de la langue de Corneille et de la langue du XVIIe siècle en général (volume 4)Chapitre 207 sur 342 · SANGLANT. — SAVANT · texte numérisé non relu

SANGLANT. — SAVANT

Mais elle voit d'un œil bien différent dn TÔtre

Son êong dans ane année, et son amour dans l'antre. {Bar.^ i, 1.)

SANGLANT, fig. sanglant désespoir :

Qu'avec des mots si doux vous m'êtes inhumaine I

Tous me comblez de joie, et redoublez ma peine,

L'effet d'un tel amour, hors de votre pouvoir,

Irrite d'autant plus mon sanglant désespoir, [La Stiiv., iv, 9.)

La métaphore est trop violente, surtout pour une comédie.

SANS. JE LE SAIS BIEN SANS VOUS, SOUS qu'il soit besoin que vous me le disiez :

Ne me contez point tant que mon visage est beau,

Ces discours n'ont pour moi rien du tout de nouveau,

/e le sait bien tant vous. {La Gai, du Pal., il, 1.)

SATISFAIRE, absol., obéir :

Commandez que son bras^ nourri dans les alarmes,

Répare cette injure à la pointe des armes;

Il uttitfera, sire ; et vienne qui voudra.

Attendant qu'il l'ait su, voici qui répondra. [Le Cid, ii,7.)

— SATISFAIRE (se] DE, être Satisfait de :

Les causes, comme à vous, m'en semblent fort obscures;

Je ne me satisfais d'aucunes conjectures. [Hor,, i, 1.)

SAUVER SES REGARDS DE..., les détoumer de..., pour les préserver :

Il s'écrie aussitôt : Amis, fermez les yeux.

Et sauvez vos regards de ce présent des cieux. {Àndrom,, v, 5.)

SAVANT, adj. savant de, qui sait, qui connaît telle chose :

Rome l'eût laissé vivre, et sa légalité

N'eût point forcé les lois de l'hospitalité.

Savante à ses dépens de ce qu'il savoit faire.

Elle le souffroit mal auprès d'un adversaire. {Nicom„ i, 5.)

Voltaire relève la répétition savante^ savoity et taxe de barbirisme la locution savante de,

La répétition est réellement fautive. Mais savant de était trèsfrançais. Corneille a pu se servir de cette locution dans la tragédie de Nicomèdej comme il l'avait déjà employée dans la comédie de Méltte :

Tes protestations ne font que m'offenser ;

Savante à mes dépens de leur peu de durée,

Je ne veux point en gage une foi parjurée. (Acte v, se. 3.]

On en trouve de fréquents exemples dans les meilleurs écri-

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